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L’efficacité et le faible coût du glyphosate en font un produit très apprécié en agriculture conventionnelle – un secteur qui redoute l’interdiction.
© GUILLAUME SOUVANT / AFP PHOTO

Agriculture

Le glyphosate, produit de confort ou indispensable?

Les alternatives au glyphosate existent. Mais elles exigent plus de travail et un changement de paradigme agricole

Par quoi remplacer le glyphosate s’il était interdit? Le mode d’action particulier de cet herbicide non sélectif semble le rendre irremplaçable aux yeux des usagers. Absorbé par les feuilles des plantes, il détruit ses victimes de l’intérieur et se dégrade dans le sol sans effet herbicide direct sur les graines ou les racines des voisins. Il n’empêche donc pas la germination des jeunes plantules après le traitement et est principalement utilisé pour préparer la terre au nouveau semis sans la labourer ou pour éradiquer les mauvaises herbes sous les rangs d’arbres fruitiers ou de vignes.

Lire aussi: La Suisse inflexible sur le dossier du glyphosate

Cercle vicieux

Son efficacité et son faible coût en font un produit très apprécié en agriculture conventionnelle – un secteur qui redoute l’interdiction. «Pour arriver à la même efficacité, il faudrait utiliser des mélanges d’herbicides, probablement moins anodins du point de vue environnemental», prévient Olivier Félix, de l’Office fédéral de l’agriculture.

Une telle alternative inquiète les adversaires du glyphosate, qui craignent de le voir remplacé par d’autres pesticides controversés, à l’image du dicamba, une nouveauté de Monsanto dont les effets secondaires soulèvent des questions aux Etats-Unis. L’histoire risque de se répéter.

Lire également: Vincent Dudler: «Les aliments importés sont davantage contaminés»

«Il est dramatique de réduire toute l’agriculture à l’utilisation d’un produit et d’arriver à une telle forme de dépendance. Mais, en concentrant le débat sur le glyphosate, on néglige d’autres problèmes, comme l’érosion de la biodiversité, l’appauvrissement des sols en matière organique, liés à la simplification des pratiques agricoles. Une impasse qui nous conduit à compenser ces pertes par des pesticides et des engrais», regrette Raphaël Charles, de l’Institut de recherche de l’agriculture biologique FiBL. La vraie solution serait de repenser le système et de sortir complètement de la logique des pesticides, ce que de plus en plus d’agronomes et de chercheurs préconisent.

Traitements aux ultrasons et biotechnologies

L’agriculture durable déploie un éventail de méthodes, traditionnelles ou innovantes. Désherbage mécanique, rotation de cultures ou champs mixtes pour préserver les sols et renforcer l’immunité des plantes, couvert végétal ou paillage pour étouffer les intrus, remèdes et prédateurs naturels, traitements thermiques, au laser ou aux ultrasons, systèmes de détection de maladies en temps réel: les instruments et les techniques deviennent de plus en plus précis. Les biotechnologies, avec le développement de variétés plus résistantes, offrent également une alternative à haut potentiel.

Des pratiques plus coûteuses en temps et en investissements? En coulisse des débats à Bruxelles, les instituts de recherche agronomique font des estimations pour répondre à leurs gouvernements. Entre un rendement immédiat à bas prix et un résultat durable à long terme, le calcul n’est pas simple.

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