«Un faisceau circulant dans le sens des aiguilles d’une montre a été établi à 22h cette nuit. C’est là une étape importante dans la perspective des premiers résultats de physique au LHC (Grand collisionneur de hadrons, ndlr), attendus en 2010», indique le CERN dans un communiqué.

Vers 16h, le CERN, basé à Genève, avait remis en marche le LHC en procédant aux premiers essais d’injections de particules de protons. Il avait initialement prévu de faire circuler samedi à 7h un faisceau de particules pendant quelques minutes. Les premiers essais d’injections de particules étant concluants, le CERN a décidé d’avancer de quelques heures la circulation du faisceau.

«C’est formidable de voir à nouveau circuler des faisceaux dans le LHC, a déclaré le directeur général du CERN, Rolf Heuer, cité dans un communiqué. «Nous avons encore du chemin à parcourir pour pouvoir commencer à faire de la physique, mais ce démarrage est un grand pas en avant», a-t-il ajouté.

Joyau scientifique

Le LHC qui doit permettre des progrès dans la connaissance de la composition de la matière et de l’univers, avait été victime de deux pannes successives quelques jours à peine après son lancement en grande pompe le 10 septembre 2008.

Le premier incident était survenu moins de 48 heures après le démarrage de l’instrument de physique d’une précision inégalée.

Le second, le 19 septembre, avait été jugé sérieux cette fois car provoqué par un défaut sur un des aimants supraconducteurs chargés de guider les particules dans les 27 km du circuit de l’accélérateur, enfoui à 100 mètres sous terre de part et d’autre de la frontière franco-suisse.

Depuis, le CERN s’était ingénié à réparer les dégâts, installant même de nouveaux systèmes de sécurité le long de l’anneau, dont la construction a nécessité plus de 12 ans, mobilisant plus de 7000 physiciens.

Leçons tirées

«On comprend beaucoup mieux le LHC à présent qu’il y a un an. Nous avons tiré les leçons de l’expérience, et nous avons mis au point une technologie qui nous permet d’aller de l’avant. C’est comme cela qu’on progresse», a expliqué Steve Myers, directeur des accélérateurs. «Pour parvenir là où nous sommes aujourd’hui, il nous a fallu un effort herculéen, s’est félicité M. Myers.

Le CERN pense déjà à l’avenir. La prochaine étape importante sera les collisions à basse énergie, attendues dans environ une semaine, selon le communiqué.

«Il s’agira ensuite de faire monter en énergie les faisceaux, en préparation de collisions à 7 téraélectronvolts (TeV) (3,5 Tev par faisceau, soit trois fois et demi la puissance maximale de son concurrent du Fermilab de Chicago aux Etats-Unis, ndlr) l’année prochaine», précise le CERN.

Le LHC doit faire se fracasser des protons circulant en sens inverse, faisant jaillir des particules élémentaires encore jamais observées.

Big Bang

Il recréera, durant une fraction de microseconde, les conditions qui prévalaient dans l’univers juste après le Big Bang, avant que les particules élémentaires ne s’associent pour former les noyaux d’atomes.

Les experts ambitionnent notamment de trouver la preuve de l’existence des particules éphémères comme le boson de Higgs, à l’origine de la notion de masse en physique théorique, ou apprendre de quoi est faite la matière noire.