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Image d'illustration. Campagne de récolte sur l'île d'Evia, Grèce, 3 février 2018.
© Thanassis Stavrakis

PET

Par hasard, des chercheurs créent une enzyme qui mange le plastique

Investiguant sur une enzyme, des scientifiques britanniques et américains l’ont dotée d’une forte capacité efficacité à désagréger les plastiques PET. Un espoir face à la crise des plastiques

Des chercheurs américains et britanniques ont conçu par hasard une enzyme capable de détruire du plastique, ce qui pourrait contribuer à résoudre le problème mondial lié à ce type de pollution, selon une étude publiée lundi.

Plus de huit millions de tonnes de plastiques aboutissent dans les océans de la planète chaque année, faisant croître les inquiétudes sur la toxicité de ce dérivé du pétrole et sur son impact sur la santé des générations futures et de l'environnement. Malgré des efforts en matière de recyclage, la grande majorité de ces plastiques peut perdurer pendant des centaines d'années. Les scientifiques cherchent un moyen de mieux les éliminer.

Lire aussi: Trop de plastique dans le compost 

Enquête sur une bactérie japonaise

Des scientifiques de l'université britannique de Portsmouth et du laboratoire national des énergies renouvelables du ministère américain à l'Energie ont concentré leurs efforts sur une bactérie découverte au Japon en 2016: l'Ideonella sakaiensis.

Elle se nourrit uniquement d'un type de plastique, le polytéréphtalate d'éthylène (PET) qui entre dans la composition de très nombreuses bouteilles en plastique.

Les chercheurs japonais pensent que cette bactérie a évolué assez récemment dans un centre de recyclage, car les plastiques n'ont été inventés que dans les années 1940.

L'objectif de l'équipe américano-britannique était de comprendre le fonctionnement de l'une de ses enzymes appelée PETase, en découvrant sa structure. «Mais ils ont été un peu plus loin en concevant par accident une enzyme qui est encore plus efficace pour désagréger les plastiques PET», selon les conclusions publiées lundi dans les Comptes-rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS).

Lire également: La santé des récifs coralliens mise en danger par le plastique

Une enzyme fort efficace

Des scientifiques de l'université de South Florida et de l'université brésilienne Campinas ont également participé aux expérimentations qui ont débouché sur la mutation par hasard d'une enzyme beaucoup plus efficace que la PETase naturelle.

Les scientifiques s'activent désormais à en améliorer les performances dans l'espoir de pouvoir un jour l'utiliser dans un processus industriel de destruction des plastiques.

La chance, alliée des scientifiques

«La chance joue souvent un rôle important dans la recherche scientifique fondamentale et notre découverte n'y fait pas exception», a commencé John McGeehan, professeur à l'école de sciences biologiques à Portsmouth.

«Bien que l'avancée soit modeste, cette découverte inattendue suggère qu'il y a de la marge pour améliorer davantage ces enzymes, pour nous rapprocher encore d'une solution de recyclage pour la montagne en constante croissance de plastiques mis au rebut», a-t-il poursuivi.

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