Expériences sur les animaux en hausse en 2014

Recherche 16 260 bêtes supplémentaires

Les expérimentations animales ont progressé de 2,8% en 2014. 606 505 bêtes ont été utilisées, soit 16 260 de plus qu’en 2013. «Cette augmentation […] est essentiellement liée à l’utilisation […] de poissons ou de volailles […] pour déterminer le meilleur mode de détention et d’affouragement», a indiqué dans un communiqué l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Près de la moitié des 606 505 animaux ont été utilisés pour la recherche fondamentale, en très légère progression par rapport à 2013 (+1,8%). L’industrie suisse a, quant à elle, utilisé moins d’animaux (–3%).

L’annonce survient exactement une semaine après la demande du Conseil fédéral de créer un centre de compétence national chargé d’encourager les alternatives à l’expérimentation animale (Lire LT du 02.07.2015).

Interprétations divergentes

Comment interpréter ces chiffres? Pour les fondations de soutien à la recherche, cette légère hausse du nombre d’animaux ne doit pas occulter «la baisse des nouvelles autorisations octroyées» (–13%), comme le précise la fondation Research for Life. Depuis 1991 en effet, chaque utilisation d’animaux de laboratoire doit être dûment justifiée, notamment en prouvant qu’il n’existe aucune alternative.

Pour les associations anti-vivisection, le constat est radicalement différent. «Ces statistiques sont opaques et peu informatives», a écrit dans un communiqué Luc Fournier, président de la Ligue suisse contre la vivisection. A propos du nombre important d’animaux classés en gradation zéro, c’est-à-dire ne souffrant pas ou n’étant pas stressés par les protocoles, ce dernier s’interroge: «Comment l’OSAV peut-elle prétendre qu’un animal gazé [au CO2, et classé en gradation zéro, ndlr] ne présente aucune anxiété ni ne voit son état général perturbé?»