La «société de l'information» a déjà sa propre histoire, rappelle Olivier Simioni, assistant, dans la publication dirigée par Gérald Berthoud.

Dans les années 60, le futurologue Alvin Toffler et le sociologue américain Daniel Bell affirment que l'Occident entre dans une phase «postindustrielle» qui, selon le second, marque l'instauration d'une «société de l'information» caractérisée par le passage

à une économie de services, une mutation du marché de l'emploi vers les emplois hautement qualifiés et la maîtrise des changements sociaux grâce aux nouvelles technologies.

En 1968, le Canadien Marshall McLuhan lance la célèbre métaphore du «village global». Quatre ans plus tard, le président Nixon rêve d'un «réseau global» ouvrant la voix à un «libre flux d'informations». En parallèle, un penseur japonais, Yoneji Masuda, affirme l'avènement d'une «computopia» rendue possible par l'informatique.

En 1978, un rapport commandé par le président français popularise la «télématique», convergence de l'informatique et des télécommunications qui conduira au Minitel.

En 1982, la Communauté européenne organise des conférences dans le cadre d'un programme, FAST, portant notamment sur la «bio-société» et la «société de l'information». Autant dire les thèmes qui animent aujourd'hui les décideurs politiques. Olivier Simioni

en conclut: «En 1983, les fondations étaient creusées et bien remplies.»