La Commission européenne a répondu aux critiques des détracteurs du «Human Brain Project» (HBP). Elle en appelle à la patience et se dit confiante que l’évaluation en cours examinera ces reproches de manière satisfaisante.

Début juillet, plus de 150 scientifiques avaient estimé dans une lettre ouverte que le projet, dirigé par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) était trop étroitement consacré à la simulation cérébrale et mal conduit. Entre-temps, plus de 600 personnes l’ont signée.

«En tant qu’autorité publique d’encouragement de la recherche, nous prenons de tels signaux au sérieux», déclare Robert Madelin, directeur général de l’Agenda numérique de la Commission, dans une prise de position publiée vendredi. «Nous saluons le débat».

«L’orientation exacte du HBP fait partie du projet lui-même» et elle est mentionnée dans le contrat de partenariat entre le HBP et la Commission. Ce contrat fait actuellement l’objet d’une évaluation afin de pouvoir libérer les fonds dans le cadre de l’accord sur la recherche «Horizon 2020». Les résultats sont attendus en septembre.

Cette évaluation devrait fournir des recommandations tant pour l’équilibre entre les projets centraux faisant partie du Core Project et les autres (Partnering Projects) que sur la gestion du HBP dans son ensemble, selon le communiqué.

La lettre ouverte faisait suite à une réorganisation du HBP en juin. Celle-ci prévoit que certains projets soient retirés du Core Project. Ce dernier est le coeur du HBP, lauréat début 2013 du concours Flagship pour les technologies futures et émergentes et qui doit bénéficier de 1,2 milliard d’euros sur dix ans.

Le HBP a fâché du fait que la mise en place des instruments informatiques est classée dans le Core Project avec 50 millions d’euros par an venant des fonds communautaires. En revanche, les Partnering Projects, où il est prévu de déplacer 18 projets touchant notamment les sciences cognitives, doivent encore recevoir le même montant des Etats membres, ce qui n’est pas gagné d’avance.

Chacun de ces projets est central pour l’ensemble de l’initiative, écrit Robert Madelin. Il se dit confiant que la Commission et le HBP vont continuer à collaborer avec tous ces chercheurs.

Selon ses détracteurs, le HBP, qui vise à simuler informatiquement le cerveau humain, a une approche trop étroite. Ils craignent en outre qu’il n’accapare tout l’argent dévolu aux neurosciences en Europe.

Trois d’entre eux, parmi lesquels Alexandre Pouget, de l’Université de Genève, ont jugé la réponse de la Commission «encourageante». Ils disent attendre un vrai dialogue entre neuroscientifiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du HBP. Alexandre Pouget, Zachary Mainen et Peter Dayanun souhaitent en outre être mieux informés sur le déroulement de l’évaluation en cours