Neurosciences

Le Human Brain Project entre en phase opérationnelle

Deux ans et demi après son lancement et malgré des remous initiaux, le projet européen de simulation du cerveau a dévoilé mercredi ses premières plateformes à destination de la communauté scientifique

Ils l’avaient annoncé et c’est aujourd’hui chose faite: deux ans et demi après le début du projet, les scientifiques du Human Brain Project (HBP) ont confirmé mercredi 30 mars le lancement de six plateformes collaboratives censées doper la recherche en neurosciences et en informatique. Après un démarrage houleux, le faramineux programme européen de simulation du cerveau va maintenant entrer dans sa phase opérationnelle.

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Choisi en 2013 par l’Union européenne et largement doté (le budget s’élève à 1,2 milliard d’euros sur dix ans), le HBP veut révolutionner la compréhension du cerveau humain par la modélisation informatique. A ses débuts, le projet a fait l’objet de controverses, portant à la fois sur ses visées scientifiques et sur son mode de gouvernance. Une médiation externe a mené à des modifications organisationnelles, le HBP ambitionnant désormais de se transformer en une infrastructure de recherche européenne, au même titre que le CERN par exemple.

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Malgré ces difficultés, le projet est allé bon train, comme en témoigne aujourd’hui la publication – selon le calendrier prévu – de ses premiers produits. Développées par 800 collaborateurs scientifiques issus de 24 pays différents, les plateformes comprennent des équipements informatiques, des logiciels et des bases de données. «Elles constituent le cœur de la nouvelle infrastructure pour la recherche sur le cerveau fournie par le HBP», indique Philippe Gillet, vice-président de l’EPFL et membre du directoire du projet.

Informatique haute performance

Parmi ces outils figurent une plateforme de neuroinformatique, pour la recherche et l’analyse de données en neurosciences, ainsi qu’une plateforme d’informatique à haute performance destinée à traiter les gigantesques quantités d’informations générées par le projet. «Notre plateforme de simulation fournit des logiciels pour la reconstruction des circuits nerveux. Cet objectif clé du HBP a déjà progressé mais nous avons besoin de la participation de davantage de chercheurs pour continuer à avancer», relève Jeanette Hellgren, de l’Institut royal de technologie de Suède.

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Les autres plateformes concernent la gestion de données réelles de patients pour l’étude des maladies du cerveau, la mise au point de circuits informatiques dits neuromorphiques qui imitent le fonctionnement des neurones et enfin la mise à l’épreuve de modèles virtuels du cerveau par leur connexion avec des robots. Autant d’éléments dont les scientifiques extérieurs au HBP peuvent désormais se saisir et qui – selon les vœux des porteurs du projet – devraient mener dans les années qui viennent à des nouvelles connaissances sur le cerveau et ses dysfonctionnements.

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