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Idées reçues?

Le premier Museomix de Suisse, qui s’est tenu récemment au Musée d’art et d’histoire de Genève, a expérimenté une nouvelle manière de vivre le musée

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Idées reçues?

Vendredi passé et durant tout le week-end s’est déroulé le premier Museomix de Suisse, au Musée d’art et d’histoire de Genève (lire LT du 07.11.14), comme dans six autres musées de France, d’Angleterre et du Canada. Le but d’un Museomix? Pour une bonne centaine de participants, imaginer une nouvelle manière de vivre le musée. Concrètement: créer et expérimenter de nouveaux dispositifs de médiation culturelle, avec un ensemble de technologies et d’ateliers de fabrication à disposition. Un terrain de jeu géant pour créatifs, bricoleurs et développeurs informatiques!

Ayant eu l’opportunité de travailler comme bénévole pour cette manifestation, j’en ressors toute «muséomixée», entendez avec les idées (reçues) un peu chamboulées. J’ai 50 ans et des poussières, ce qui n’a aucun intérêt en soi. Mais avant de vivre l’événement, je me suis sentie un peu dépassée malgré, ou à cause d’une expérience de plus de vingt ans dans la culture scientifique et les musées.

Mon premier contact avec l’équipe d’organisation remonte à neuf mois, lors d’une des premières réunions de l’association organisatrice. Je les ai quittés avec un mélange d’envie (des gens plutôt jeunes et débordant d’énergie) et de condescendance (de joyeux hurluberlus qui ne se rendent pas compte de l’énormité de la tâche, à quel point c’est difficile de changer les modes de fonctionnement des musées, de trouver des sous, etc.). Première idée reçue balayée: l’événement a eu lieu, le déroulement était impeccable, six prototypes de médiation ont été produits, alors que les organisateurs ont toujours un petit d’air d’hurluberlus (même encore plus au bout de trois jours)!

Ma deuxième surprise de taille a été d’apprendre que le Musée d’art et d’histoire s’était proposé pour être remixé. Qu’il me pardonne mais je ne l’imaginais pas du tout se métamorphoser en laboratoire géant de co-création et de co-construction. Il y a quelques jours, je pensais titrer cette chronique «La rencontre improbable». Encore une erreur d’appréciation. Le mariage était (presque) parfait! Au bout d’une heure d’événement aucun observateur externe n’aurait été capable de distinguer un muséomixeur d’un employé du musée. Une dernière idée reçue, ou plutôt une question: un muséomixage peut-il laisser des traces durables?

* Présidente du Réseau romand science et cité

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