«Un tour de montagnes russes, trois fois par jour pendant huit jours». Voilà à quoi pourrait ressembler la prescription du futur pour les patients souffrant de calculs rénaux. Des scientifiques ont en effet démontré que les manèges à sensation favorisaient l’expulsion de ces petits cristaux qui obstruent les voies urinaires. Leurs travaux ont été exposés lundi dans le «Journal of the American Ostheopathic Association».

Certains patients ont par le passé signalé au Dr David Wartinger, de l’Université d’état du Michigan, avoir pu se débarrasser de calculs rénaux après avoir passé la journée dans un parc d’attractions. L’un d’entre eux en particulier assurait même au médecin en avoir trouvé la raison: il avait pu évacuer un calcul après chacun des trois tours qu’il avait effectués dans le Big Thunder Mountain Railroad, une attraction du parc Disney World en Floride.

Intrigué, le Dr Wartinger a alors fidèlement reproduit, avec l’aide de son collègue Marc Mitchell, une portion du rein de ce patient par impression 3D. Réalisé en silicone, l’organe factice a été rempli d’urine – l’article ne précise pas de qui – et obstrué en trois endroits par des cristaux d’oxalate de calcium.

Et puisque rares sont les occasions de monter dans un manège pour faire progresser la science, les deux médecins se sont rendus eux-mêmes à Disney World. Ils sont montés – avec l’aval des autorités du parc, précisent-ils – à bord du Big Thunder Mountain Railroad, leur rein artificiel rangé dans un sac à dos. Après chacun des 20 tours, la position de chaque cristal était mesurée afin de déterminer si ce dernier était toujours en place ou non.

Résultat, mieux vaut bien choisir sa place à bord du train, estiment les auteurs. Les calculs ont été délogés dans 63,89% des cas lorsque les chercheurs étaient assis à l’arrière, contre seulement 16,67% à l’avant. Et les calculs haut situés dans le rein sont également plus facilement expulsés que ceux qui sont en bas, certainement parce qu’ils profitent de la gravité pour cheminer dans les canaux. Quant au mécanisme derrière tout cela, il demeure mystérieux.

Tout en reconnaissant les limitations de la présente étude (un seul rein étudié dans un seul manège), le Dr Wartinger y voit non seulement un modèle validé pour l’étude des calculs rénaux, et pourquoi pas une méthode non invasive et peu onéreuse pour prévenir leur apparition. L’enjeu existe bel et bien: environ une personne sur dix souffre de calculs rénaux au cours de sa vie.