Alinghi, Solar Impulse, Hydro­ptère: si l’EPFL est liée à ces noms connus, c’est en bonne partie grâce à Jan-Anders Månson, du Laboratoire de technologie des composites et polymères. L’ingénieur chimiste, dont le constructeur de voiliers Bertrand Cardis dit qu’il est «un des plus grands spécialistes du monde dans le domaine» des matériaux, est arrivé à Lausanne en 1990, après avoir enseigné aux Etats-Unis et dans sa Suède natale. Et plus jamais il ne quitterait la Suisse, tant il se plaît à Lavaux, où il vit, mais aussi à l’EPFL, dont il a été vice-président chargé de l’innovation et du transfert de technologie entre 2004 et 2008. «L’avantage de participer à ces projets inédits et médiatisés est de tester rapidement (une année) et en situation réelle de nouveaux matériaux. Dans le domaine aéronautique, le même processus prend au moins dix ans», dit le chercheur, qui est aussi membre de conseils d’administration ou de comités scientifiques de plusieurs entreprises.

Autre domaine dans lequel s’appliquent ses recherches: le sport. Son laboratoire s’est ainsi mis en évidence en testant les combinaisons de nageurs qui ont fait débat l’an dernier. Ses collaborateurs développent aussi des matériaux pour les skis, cannes de hockey ou raquettes de tennis. «Dans cette filière liée aux sports, il y a autant d’étudiantes que d’étudiants», dit-il, non sans fierté de briser le cliché d’une désaffection des filles pour les sciences de l’ingénieur.