Crash Bash.

Devinette: Il est un héros récurrent. Il plaît aux enfants. Sa dernière apparition le mettait en scène dans un kart. Le voici de retour dans un jeu d'arènes. Qui est-il? Mario, le superplombier de Nintendo? Perdu.

Nous parlons ici de Crash Bandicoot, le renard que Sony semble vouloir exploiter comme Mario. L'univers est le même que celui développé dans les épisodes précédents de la série. Deux masques, Aku Aku et Uka Uka, s'affrontent. Le combat de ces forces contraires qui représentent le bien et le mal met en jeu le monde entier. Rien que ça. Le tournoi qu'ils décident d'organiser pour se départager aura comme participants Crash et ses amis.

S'ouvre alors un jeu à plusieurs modes (aventure, combat et tournoi) qui, paradoxalement, présentent peu de différences. Dans le mode aventure, par exemple, le renard, si vous l'avez choisi parmi les huit personnages proposés, se retrouve sur une plate-forme face à quatre défis aux noms exotiques de «polar panic», «pogo painter», «jungle basic» ¡et «crash ball». Un charabia qui cache des jeux tout à fait simples (faire rebondir des cases pour les colorer, renvoyer des billes pour perdre son adversaire) mais qui se révèlent efficaces et drôles. Surtout lorsque plusieurs joueurs participent. Ces minijeux, s'ils manquent d'originalité, remplissent leur fonction. Même s'ils restent ridiculement faciles dans le mode un joueur.

L'animation générale est bonne (les voix et les musiques notamment) même si l'on sent que le développeur, Eurocom, s'est concentré, avec succès, sur la maniabilité des personnages. Les couleurs, criardes, créent un monde tout entier tourné vers le jeu et le plaisir.

Ce dernier est au rendez-vous lors des premières parties. Pas sûr cependant qu'il se renouvelle pendant de longues heures. La similarité entre les minijeux semble en effet trop grande pour ne pas lasser.

Crash Bash pour PlayStation (distr. Sony CE)

69.– env.

Ms. Pac Man Maze Madness.

Les jeux vidéo peuvent-ils rendre nostalgique? Récemment est sortie en Europe la deuxième version de la PlayStation. Ses performances renvoient les premières consoles (Vidéopac, Atari, etc.) à l'âge de pierre du jeu vidéo.

Sa puissance permet en effet de créer des univers dont l'onirisme égale parfois celui d'un bon roman. Alors pourquoi s'attacher à des jeux, les premiers (Ping, Freedom Fighters, etc.), dont la composante graphique était très pauvre? Mieux: il sort aujourd'hui plusieurs dizaines de jeux par mois alors qu'il y a vingt ans, chaque nouveauté était un événement tant les sorties étaient espacées. Pourquoi se souvenir d'un temps où le robinet à plaisir coulait si chichement?

Et pourtant… Madame Pac Man, la compagne du glouton jaune qui ne pensait qu'à avaler des boules, revient sur PlayStation. Et nous voilà donc, vingt ans après, à élaborer des stratégies pour avaler le plus de points possibles sans croiser un fantôme fatal, à attendre l'arrivée de ces derniers pour croquer une luminescence qui les transformera en fuyards et nous permettra de leur faire un sort, à ne penser, finalement, qu'à engloutir. Alors, oui, un tel retour peut rendre nostalgique. Difficile d'être totalement objectif sur la qualité du jeu. Disons qu'il est plutôt au-dessus de la moyenne des sorties.

Certes, les règles ont changé depuis vingt ans. La dimension unique, vue du haut, a fait place aux trois dimensions et aux couleurs vives. L'animal jaune que l'on dirige doit également pousser des blocs, sauter de pont en pont et éviter des chenilles pour mener à bien sa mission. Cette dernière est d'ailleurs, comme toujours dans les jeux pour enfants, enrobée d'un vague scénario agitant les ténèbres et le chaos et donnant un rôle de sauveur au personnage principal. Contexte totalement inutile, au point qu'on l'oublie en jouant. Un regret tout de même: la mort de Pac Man n'entraîne plus son flétrissement légendaire…

Ms. Pac Man Maze Madness pour PlayStation (distr. Sony CE), 69.– env.