Le Kazakhstan, après une semaine de blocage, a finalement autorisé mercredi la Russie à lancer depuis la base de Baïkonour le cargo ravitailleur Progress devant apporter à la station orbitale Mir vivres et équipements techniques. «Nous sommes parvenus à un accord avec nos collègues kazakhs pour lever l'interdiction de tirs», a déclaré le vice-premier ministre russe Ilia Klebanov à Astana, précisant que le lancement du Progress, propulsé par une fusée de type Soyouz, aurait lieu prochainement, au plus tard le 20 juillet.

Le Kazakhstan refuse cependant toujours de laisser décoller les fusées Proton à l'origine de l'interdiction, selon le vice-premier ministre kazakh Alexandre Pavlov. Une fusée Proton emportant un satellite militaire russe avait explosé peu après son décollage de la base de Baïkonour, louée par la Russie au Kazakhstan depuis l'effondrement de l'URSS. «Bien que l'interdiction de tirs ait été levée, nous ne permettrons pas les lancements de fusées Proton avant qu'un certain nombre de conditions soient remplies», a déclaré M. Pavlov.

Il s'agit notamment de déterminer les causes de l'accident et d'obtenir un dédommagement de la part de la Russie pour les dégâts causés. Aucun montant n'a encore été déterminé, même si les autorités kazakhes ont demandé dans un premier temps plusieurs millions de dollars. Astana accuse en outre Moscou d'avoir plusieurs mois de retard dans le paiement de la location du cosmodrome. Selon Itar-Tass, le contrat de location de Baïkonour est de 150 millions de dollars par an. Mercredi, M. Klebanov a promis que la Russie allait verser 50 millions de dollars au Kazakhstan d'ici à novembre au titre du loyer pour le cosmodrome.

Mir doit être évacuée à la fin de la mission en cours, autour du 24 août. La Russie, qui ne parvient plus à financer à la fois la survie de Mir et la construction de l'ISS, compte laisser tourner Mir à vide pendant au moins six mois avant de prendre éventuellement la décision de la détruire.