COP25

L'action climatique de la Suisse mal notée

Chaque année, le Climate Change Performance Index classe les Etats en fonction de leur engagement dans la lutte contre les changements du climat. Rendue publique à la COP25 à Madrid, sa nouvelle mouture rétrograde la Suisse

La Suisse est-elle une bonne élève du climat? Pas vraiment, si on en croit le Climate Change Performance Index, un classement des pays en fonction de leur action climatique, dont la nouvelle mouture vient d’être rendue publique à la COP25 à Madrid, où sont rassemblés les ministres de l’Environnement pour deux jours de discussions à haut niveau.

Dans cet index réalisé chaque année par les associations Germanwatch et Climate Action Network (CAN), la Suisse se classe désormais à la 16e place sur les 57 pays étudiés (qui sont responsables ensemble de 90% des émissions de gaz à effet de serre), soit un recul de sept places par rapport à l’édition précédente. Elle figure cependant toujours dans le segment de pays les plus actifs sur la question du climat.

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Pour établir leur classement, les ONG se concentrent sur plusieurs aspects: le niveau des émissions de CO2 du pays, le développement des énergies renouvelables, la consommation globale d’énergie et enfin une appréciation de la politique climatique nationale.

Les Etats-Unis derniers du classement

Les trois premières places du classement n’ont pas été attribuées, aucun Etat ne menant une politique compatible avec l’Accord de Paris, qui prévoit de contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C. Les trois places suivantes sont occupées par la Suède, le Danemark et le Maroc.

L’indice «montre les signes d’un tournant mondial en termes d’émissions, avec une réduction de la consommation de charbon», commente Ursula Hagen de Germanwatch. «Mais plusieurs grands pays continuent à résister à cette tendance, au premier rang desquels les Etats-Unis.» A la suite de leur retrait de l’Accord de Paris, ils se classent bons derniers de l’index, juste devant l’Arabie saoudite.

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D'après les auteurs de l'index, la Suisse a rétrogradé parce qu’elle manque d’une stratégie de mise en oeuvre pour son objectif climatique, qui est de parvenir à un niveau nul d’émissions de CO2 d’ici à 2050, comme annoncé en août dernier par le Conseil fédéral. Un défi qui nécessite de revoir en profondeur la loi sur le CO2. Or les débats parlementaires sur cette loi ont été reportés et n’auront lieu qu’au mois de mars 2020. 

Pour Georg Klingler, de Greenpeace Suisse, la Suisse devrait aller plus vite et plus loin. «Le Danemark, par exemple, veut réduire ses émissions de 70% d’ici à 2030. Au vu du consensus scientifique et des mouvements de protestation contre le réchauffement climatique, la réticence de la Suisse à protéger le climat est inacceptable», estime-t-il. 

«Je ne pense pas que ce classement signale un manque d'ambition de la Suisse, déclare de son côté le directeur de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), Marc Chardonnens, présent à Madrid: «Dans notre pays, les processus sont parfois plus lents qu'à l'étranger mais ils ont le mérite de la cohérence. Le cap est maintenant clairement fixé.» 


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