Splendides décors des cieux polaires, les aurores apparaissent lorsque des particules chargées provenant du Soleil pénètrent dans l’atmosphère à grande vitesse (500 km/s) et ionisent les atomes des gaz présents. L’énergie relâchée lorsque ces atomes retrouvent leur état normal devient visible sous forme de lumière, ce qui crée ces draperies célestes vertes ou mauves.

Un processus similaire, nommé «airglow», a lieu dans les couches de la haute atmosphère, à 100 km d’altitude. «J’ai montré aux étudiants de mes cours des images de ce phénomène, bien visible depuis la Station spatiale internationale, ce qui leur a donné des idées…», se souvient l’astronaute Claude Nicollier. Dans ce cas, ce sont des molécules d’oxygène scindées par les particules chargées qui, en se reformant, produisent une lumière caractéristique, ce qui génère une couche luminescente. C’est ce faible halo que traquera le SwissCube, durant les trois à douze mois de sa mission: le satellite a été équipé d’une mini-caméra très sensible, qui mesurera les photons (particules de lumière) d’une fréquence bien précise. «L’objectif n’est pas de faire des découvertes majeures, mais de livrer des données précieuses qui pourront ainsi mieux modéliser la dynamique physico-chimique de la haute atmosphère», explique Muriel Noca, cheffe du projet.