aérospatiale

Lancement réussi pour SpaceX, sa capsule en route vers l'ISS

Le 2 mars est un grand jour pour SpaceX: la firme pourra enfin tester, pour la première fois, sa capsule conçue pour convoyer des astronautes vers la Station spatiale internationale. Ce premier vol se fera à vide… ou presque: un mannequin nommé Ripley sera du voyage

Mise à jour samedi 2 mars, 9h00

Lancement réussi pour SpaceX. Après un décollage en trombe, et une séparation sans problème des étages inférieurs de la fusée, la capsule Crew Dragon a été mise en orbite basse à environ 400 kilomètres d'altitude. Dix minutes après le décollage, le premier étage de la fusée s'est posé sur une barge dans l'océan Atlantique, une prouesse devenue habituelle chez SpaceX. 

Pour assister à l'arrimage de la capsule à l'ISS, il faudra revenir dimanche aux alentours de midi, heure suisse.


Cette fois, ça devrait être la bonne. Après plusieurs reports, la firme spatiale américaine SpaceX va vraisemblablement effectuer samedi matin son test, à vide, de la capsule Crew Dragon, futur vaisseau qui emmènera peut-être un jour les astronautes dans la Station spatiale internationale (ISS). Décollage prévu à 8h49 (heure suisse) samedi 2 mars au matin, depuis le Centre spatial Kennedy en Floride.

La procédure, nommée Demo Mission-1 (DM-1), consiste à faire décoller la capsule à l’aide d’une fusée Falcon 9 de la même firme, l’arrimer à l’ISS puis revenir sur Terre. Elle doit durer environ cinq jours.

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SpaceX Opera

Crew Dragon est une version améliorée de la capsule Dragon, déjà utilisée par SpaceX pour convoyer du matériel vers l’ISS. Elle est notamment équipée de sièges, de systèmes de support de vie, de tableaux de bord plus ou moins futuristes ainsi que d’un système de propulsion d’urgence, au cas où la capsule devrait atterrir en cas de pépin.

Pour ce vol inaugural, Crew Dragon sera vide… ou presque: un mannequin dûment équipé et truffé de capteurs prendra place sur l’un des sièges afin de vérifier les chocs et dégâts éventuellement encaissés lors du voyage. Ce dernier a été baptisé Ripley, en référence à l’héroïne des films Alien. Comme toujours avec SpaceX, les références aux space operas ne sont jamais loin. Les autoréférences non plus: Ripley ressemble fort à Starman, le mannequin qui avait été envoyé dans l’espace au volant d’une Tesla lors du vol d’essai de la fusée Falcon Heavy en février 2018.

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Ripley apportera avec elle une cargaison pour les membres de l’ISS. Crew Dragon restera arrimée à la station plusieurs jours avant de redescendre sur Terre. Cette phase d’arrimage inaugurera une nouveauté: la capsule doit s’attacher à l’ISS en étant guidée seulement par ses ordinateurs de bord. Les capsules Dragon de cargo sont habituellement happées par l’un des bras mécaniques de l’ISS dirigés par un de ses membres d’équipage.

Long chemin

La NASA espère beaucoup de DM-1. L’agence spatiale américaine vit comme une humiliation – et paie rubis sur l’ongle – le fait de s’en remettre aux Russes pour rejoindre l’ISS depuis qu’elle a abandonné les vols de sa navette spatiale Atlantis en 2011. Disposer d’une entreprise américaine prête à prendre la relève serait un atout majeur. Entreprise qui pourrait d’ailleurs s’appeler Boeing: l’avionneur américain développe lui aussi une capsule identique, la CST-100 Starliner. Les deux concurrents ont pour cela touché un pactole de 6,8 milliards de dollars en 2014.

Si DM-1 est un succès, SpaceX effectuera un autre vol à vide en avril pour mettre à l’épreuve les procédures d’urgence, notamment les parachutes. Elle pourra enfin penser à un premier vol habité, possiblement cet été.

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