oncologie

Lausanne inaugure son centre de recherche sur le cancer à visée mondiale

Situé en face du CHUV, le bâtiment Agora accueillera 300 chercheurs lémaniques. Pour une ambition internationale

A présent directeur de la fondation de l’Institut de recherche expérimentale sur le cancer (Isrec), Francis-Luc Perret a bâti le campus de l’EPFL dès 2000. Il lance: «L’architecture doit révéler la science.» C’est exactement la mission du bâtiment Agora, vaste édifice de 12000m2 utiles, inauguré mercredi. Situé en face du CHUV, à côté du Musée de la main et de la Faculté de biologie et de médecine, cet écrin doit permettre à la place scientifique lémanique d’avancer dans la recherche sur le cancer.

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L’investissement, de 80 millions de francs, est pris en charge par la fondation. Le fonctionnement relèvera des hautes écoles et des hôpitaux. Les ministres concernés, dont Pierre-Yves Maillard (Santé) et Pascal Broulis (Finances), s’empressent de préciser que «les postes existent, le budget ne pèsera pas sur la collectivité». A terme, quelque 300 chercheurs s’activeront sur trois niveaux de laboratoires – dont une part importante de jeunes, pour l’encouragement de la relève, autre but de l’Isrec.

Derrière leurs façades en losanges, les scientifiques hôtes d’Agora relèveront des partenaires: Universités de Lausanne et Genève, EPFL, Institut Ludwig ainsi que CHUV et Hôpitaux universitaires de Genève. Ces deux derniers sont centraux: le pôle Agora doit catalyser la recherche dite «translationnelle», qui fait converger cliniciens et biologistes. «La question scientifique doit venir du terrain», résume Philippe Moreillon, ancien doyen de la Médecine lausannoise.

Président du conseil de la fondation, ancien conseiller national (PS/TI), Franco Cavalli raconte: «Sur ce plan, Agora sera unique, le premier dans le pays. On a un peu oublié en Suisse le lien fondamental entre recherche et clinique, on a pris du retard. Conséquence: les grands groupes pharmaceutiques, par exemple, se sont développés à Boston ou ailleurs.»

La concurrence scientifique fait rage à propos du cancer. Franco Cavalli précise encore: «Lausanne est très forte dans l’immunologie. Pendant longtemps, nous avons connu des déceptions dans ce domaine. A présent, l’immunothérapie monte en puissance» – et de citer le Nobel remis lundi, justement dans ce secteur. De quoi stimuler les chercheurs lausannois.

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