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© Kevin Van Paassen

Cerveau

L’EPFL identifie le mécanisme cérébral lié à l’agression

Les neuroscientifiques de l’EPFL ont identifié un mécanisme cérébral lié à l’agression et au comportement violent. Il pourrait constituer la base du traitement de l’agression dans plusieurs troubles psychiatriques

L’agression et la violence sont un composant de nombreux troubles psychiatriques, écrit l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans son communiqué. Cependant, malgré leur fréquence, ces comportements s’avèrent très difficiles à traiter.

Certains schémas pharmacologiques peuvent aider, mais les traitements échouent de manière répétée. Et les psychiatres considèrent encore certains types d’agression comme intraitables.

Gène désactivé

Dans une nouvelle étude, des scientifiques du Brain Mind Institute de l'EPFL, sous la conduite de la professeure Carmen Sandi, ont identifié certains des mécanismes neurobiologiques-clés contrôlant l’agression. Ils ont étudié une race particulière de souris qui manifestent les symptômes de troubles psychiatriques impliquant parfois un comportement agressif.

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Ces souris se caractérisent principalement en ce qu’elles ne possèdent pas le gène produisant l’enzyme ST8SIA2 («inactivation» du gène). Cette enzyme produit de l’acide polysialique, une molécule de sucre qui aide notamment les neurones à former des connexions pendant le développement prénatal et au tout début du développement postnatal, non seulement chez la souris, mais aussi chez l’homme.

Une histoire d'amygdale

Les scientifiques ont découvert que les souris dont le gène est désactivé montrent des signes de comportement agressif anormal par rapport aux souris saines. Par ailleurs, l’équipe a également observé les deux traits comportementaux en hausse dans certains types d’agression chez l’homme et qui peuvent être mesurés avec précision chez la souris: la réduction de la peur et de l’anxiété.

«Ces déficits ont été avancés comme une hypothèse contribuant au comportement antisocial, car ils empêchent l’individu d’apprendre à l’issue d’une punition et à partir d’une socialisation normative», souligne Carmen Sandi.

Un examen plus approfondi du cerveau des souris a montré que ces altérations comportementales sont dues à des problèmes avec les neurones du complexe amygdalien, centre cérébral du traitement des émotions.

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Précisément, les scientifiques ont découvert que les neurones de l’amygdale chez les souris au gène désactivé étaient, en grande partie, incapables de former de nouvelles connexions. Elles présentaient une détérioration de la transmission glutamatergique qui transmet les signaux associés au processus de la peur.

Des études supplémentaires ont permis à l’équipe d’identifier un élément-clé pour le développement de l’agression, la carence d’un neurorécepteur dans l’amygdale, le NMDA. Il intervient dans la connectivité des neurones, ainsi que dans la formation efficace des souvenirs de peur.

Cible pharmaceutique

Grâce à cette découverte, les chercheurs ont activé le récepteur NMDA des souris agressives en utilisant un médicament, la D-cyclosérine. Le traitement a réduit efficacement le comportement agressif des animaux, ainsi que la baisse associée de la peur.

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Bien qu’il soit encore au stade de preuve du concept, ce résultat ouvre une cible pharmaceutique et un traitement de l’agression potentiellement efficaces, corroborés par des données biologiques solides, selon l'EPFL. Une prochaine étape logique consistera à examiner si ces résultats peuvent aider à améliorer les dysfonctionnements agressifs chez l’homme, déclare Carmen Sandi.

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