Le Truvada, un cocktail d’antirétroviraux, pris avant et après des rapports sexuels non protégés, a permis de réduire de 86% le risque d’infection par le virus du sida chez des hommes homosexuels, indique un essai clinique français présenté mardi aux Etats-Unis.

Il s’agit de la première étude à montrer que la prise de ces antirétroviraux, uniquement au moment de relations sexuelles risquées parmi les gays, peut offrir une protection élevée, ont souligné les chercheurs de l’Agence nationale française de recherche sur le sida (ANRS) qui ont mené cet essai baptisé ANRS Ipergay.

Ils ont présenté les résultats à la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) réunie cette semaine à Seattle (Etat de Washington, nord-ouest). L’étude montre pour la première fois que ce traitement préventif est aussi efficace «à la demande».

Une autre étude de chercheurs britanniques (Proud) menée sur plus de 500 gays, présentée aussi mardi à la CROI, a montré une réduction également de 86% du risque d’infection chez ceux ayant pris quotidiennement du Truvada.

Un troisième essai clinique également dévoilé à la CROI fait état d’une diminution de 96% du risque d’être infecté par le VIH chez des couples séro-discordants (un membre du couple seulement est atteint du VIH, ndlr) ayant pris du Truvada tous les jours.

Jusqu’à présent le Truvada (combinaison de ténofovir et d’emtricitabine), du laboratoire américain Gilead Sciences, avait montré une moindre efficacité à prévenir une infection par le VIH (virus de l’immunodéficience humaine) dans des groupes d’hommes et de femmes à risque qui ne prenaient pas tous leur médicament quotidiennement.

L’essai ANRS Ipergay a été mené auprès de 414 homosexuels âgés de 35 ans en moyenne en France et au Canada, dont la moitié a pris un placebo et l’autre du Truvada au moment des rapports sexuels, deux comprimés 24 heures avant et deux de 24 à 48 heures après.

Environ 70% des participants n’utilisaient pas généralement de préservatif, a précisé lors d’une conférence de presse téléphonique le professeur Jean-Michel Molina, de l’Hôpital Saint-Louis à Paris, qui a coordonné l’essai clinique. Les participants, tous d’un niveau d’études supérieur, avaient en moyenne dix rapports par mois avec plusieurs partenaires.