Le temps passe, mais le doute subsiste: l’Office fédéral de l’environnement a publié hier un rapport qui corrobore l’avis de l’OMS datant de 2005 selon lequel les champs magnétiques «basse fréquence» sont «peut-être cancérogènes» – il s’agit là du niveau le plus faible sur l’échelle d’évaluation de l’OMS.

Soupçonnés depuis trente ans d’augmenter le risque de leucémie chez l’enfant, ces champs sont générés partout où un courant électrique circule (appareils électroménagers, lignes à haute tension, etc.). Seule 2% de la population suisse est exposée durablement à des champs dont l’intensité dépasse les 0,4 microtesla (µT), un seuil déjà 250 fois plus faible que la valeur limite concernant le réseau électrique (100 µT).

«Le doute subsiste quant au risque de leucémie accru chez les enfants exposés à domicile à plus de 0,4 µT, dit le rapport. Pour toutes les autres tumeurs de l’enfant, et toutes celles de l’adulte, les études ne permettent pas de se prononcer.» De plus, «les études sur l’animal n’indiquent pas qu’un champ magnétique puisse induire des tumeurs.» Enfin, «on ne connaît pas de mécanisme d’action plausible pour expliquer ces observations.»

Dix nouvelles études

Où est alors la nouveauté? «Il est intéressant de voir que, malgré dix nouvelles études sur la leucémie entre 2005 et l’été 2008, on ne peut pas encore trancher», avise Kerstin Hug, du Swiss Tropical and Public Health Institute, à Bâle. Cinq de ces études ont été menées spécifiquement à domicile. «Et quatre montrent des effets», dit-elle, avant de relativiser: «Certaines études qui ne montrent aucun lien n’ont probablement pas été publiées. De plus, les nombres de sujets dans les études publiées restaient petits, et les durées de mesure des champs courtes.» Pourquoi, dès lors, communiquer? «Nous faisons l’état des lieux des recherches pour, si besoin, adapter les valeurs limites.» Selon elle, il n’y a donc pas de raison de le faire à ce stade.