L’Europe et la Chine lancées dans la prospection lunaire

Aller miner sur la Lune? L’idée n’est pas nouvelle. Comme les Russes, plusieurs nations s’y penchent à nouveau plus sérieusement. Dont la Chine, qui a envoyé sur la Lune en décembre 2013 Yutu («lapin de jade»), un robot censé notamment affûter les capacités chinoises dans la (re)conquête du satellite terrestre.

La NASA ayant dans ses plans immédiats d’aller sur un astéroïde ou vers Mars, sans passer par la Lune, l’agence spatiale a lancé un appel à idées en février auprès d’entreprises intéressées à développer des robots pour aller extraire du sol lunaire des terres rares (matériaux impliqués dans moult éléments électroniques) ou de l’hélium 3, carburant pour les réacteurs de fusion nucléaire – si un jour ceux-ci existent. «Il y a vraiment un marché pour aller prospecter sur la Lune», expliquait alors Dale Boucher, directeur de la société canadienne Deltion Innovations, dont les géologues ont estimé que le pôle Sud de la Lune pourrait abriter 100 fois plus d’or que les plus riches mines terrestres. Ce marché devient d’autant plus réaliste que des sociétés privées, comme SpaceX, mettent au point des lanceurs spatiaux à moindres coûts.

Du côté de l’Agence spatiale européenne (ESA), on réfléchit aussi. «Le régolithe (sol lunaire) contient diverses impuretés, dont du fer qui, fondu, servirait d’élément de construction», expliquait Bernard Foing, directeur du Groupe international d’exploration de la Lune, lors du Congrès européen de la science (ESOF) , en juin à Copenhague. Comment faire? En envoyant sur la Lune pas moins que des imprimantes 3D, capables par exemple, à l’aide de ce régolithe, de fabriquer les briques d’une future base. En janvier 2013, l’ESA a présenté une maquette de station lunaire conçue avec le bureau d’architectes Foster + Partners.

Optimiser les ressources

De manière plus réaliste, l’ESA a lancé cet été un concours dont le but est de développer des dispositifs techniques visant d’abord à optimiser l’extraction des ressources sur la Lune, puis à fabriquer sur place, avec le fer et les terres rares contenus dans le régolithes, les pièces techniques nécessaires pour l’exploration ultérieure de la Lune, voire du système solaire.