Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Un puit quantique.

MEGAPROJETS

L'Europe de la science continue de voir grand, et la Suisse de se placer à ses avant-postes

L’UE relance ses FET Flagships, vastes initiatives soutenues à 1 milliard d’euros, qui avaient consacré le Human Brain Project. Plusieurs idées suisses se trouvent dans le lot, la plupart basées à l'EPFL, malgré l'incertitude qui pèse sur les relations bilatérales

Lire aussi notre éditorial: La science en grand

Sans l'avoir communiqué urbi et orbi, l’Europe continue de voir grand, scientifiquement parlant, puisqu’elle lance une nouvelle salve de ses projets dits «FET Flagship» (acronyme pour Future and Emerging Technologies). Il s'agit de vastes initiatives, dotées d'un milliard d'euros provenant tant de l'UE que des institutions académiques, qui doivent permettre de développer des infrastructures hors normes, ou de faire avancer sans commune mesure un domaine technologique. La première sélection avait consacré deux projets: l'un sur le graphène, structure monocouche de carbone aux propriétés prometteuses, et l'autre sur l'étude du cerveau, le fameux Human Brain Project, lancé depuis l'EPF de Lausanne, qui avait fait couler beaucoup d'encre.

Lire également: Human Brain Project: la réforme entérinée

Pour cette deuxième vague, dans le cadre du programme Horizon2020, l'UE a d'abord imposé la thématique d'un FET Flagship, sur les technologies quantiques: «Celles-ci vont avoir un gros impact sur nos sociétés, en augmentant les capacités de nos ordinateurs, justifie Nathalie Vandystadt, porte-parole à la Commission européenne, en charge du marché unique du numérique. C'est pourquoi la Commission a annoncé ce Flagship comme faisant partie de l'European Cloud Initiative, basée sur des infrastructures informatiques disruptives.» Le plan de ce programme commencera a être défini cet automne, la première phase devant débuter en 2018.

Les technologies quantiques vont avoir un gros impact sur nos sociétés, en augmentant les capacités de nos ordinateurs

A l'occasion du lancement de projet, le 17 mai à Amsterdam lors d'un congrès de spécialistes, a été présenté le "Quantum Manifesto", un texte soutenu par 3500 scientifiques de toute l'Europe qui identifie les priorités des technologies quantiques pour l'Europe de demain.

«Cette initiative n'exclut pas le lancement d'autre Flagships», précise-t-on à la Commission. D'où l'appel à idées, lancé en février, qui s'est achevé le 30 avril, une consultation sur laquelle l'UE se prononcera ultérieurement: «Sur la base des résultats, la Commission va évaluer la voie à suivre vers de possibles nouveaux Flagships, qui dépendra notamment de la maturité des recherches dans les domaines ciblés», précise-ton dans un mail.

Au total, 27 projets ont été soumis, a pu le vérifier le Temps sur la base de données de la Commission européenne. Parmi eux, l'«Ultimate Earth Project», déposé officiellement sous l'égide du Natural Environment Research Council britannique mais co-dirigé par Philippe Gillet, vice-président de l'EPFL, dont l'ambition affichée est de réunir toutes les données existant sur l'environnement dans un superordinateur, afin de simuler le fonctionnement et l'évolution  de la Terre.

Mais de Suisse sont aussi venues deux autres idées. La première est portée notamment par Adrian Ionescu, de l'EPFL. Elle s'intitule "The Future of Heath Care" et s'intéresse à l'«Internet de l'humain», soit l'utilisation des biosenseurs de toutes sortes, des patients virtuels et du big data pour améliorer la santé humaine. A noter qu'Adrian Ionescu avait été finaliste de la première ronde des FET Flagship avec son projet similaire «Guardian Angels.»

Lire aussi: Des anges gardiens de haute technologie

Le second grand projet suisse concerne le domaine émergeant des «humanités digitales», et se veut d'élargir la Venice Time Machine de Frédéric Kaplan, aussi à l'EPFL. Cette vaste initiative, projette de recréer un modèle de Venise pouvant évoluer sur 1000 ans, mariage entre un Facebook du passé et un GoogleEarth du Moyen-Age pour voir et mieux comprendre, de l'intérieur, la Sérénissime.

Lire aussi: Une machine temporelle pour redécouvrir Venise et La Venise virtuelle de l'EPFL prend forme

Mais depuis la votation populaire du 9 février 2014, l'on sait que la Suisse n'est plus qu'un partenaire de Horizon2020, ceci jusqu'à fin 2016. Et dès 2017, l'avenir est plus qu'incertain. «Les groupes peuvent participer à cette consultation», se borne-t-on à indiquer à Commission, interrogée sur la question.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo sciences

Sécheresse et feux de forêts vus de l’espace

Chaque année, 350 millions d’hectares de forêts, friches et cultures sont ravagés par des incendies, soit la taille de l’Inde. L’astronaute allemand Alexander Gerst partage sur Twitter sa vue panoramique sur le réchauffement climatique depuis la Station spatiale internationale

Sécheresse et feux de forêts vus de l’espace

This handout picture obtained from the European Space Agency (ESA) on August 7, 2018 shows a view taken by German astronaut and geophysicist Alexander Gerst, showing wildfires in the state of California as seen from the International Space Station…
© ALEXANDER GERST