Alimentation

L’excès de malbouffe perturbe le développement du cerveau des adolescents

Selon une étude de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich et de l’Université de Lausanne, une nourriture déséquilibrée provoque des difficultés d’apprentissage, voire un comportement puéril ou agressif chez les jeunes

Une nourriture trop riche en graisse perturbe massivement la maturation du cerveau des adolescents, ont découvert des scientifiques de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich (EPFZ) et de l’Université de Lausanne. Ces graisses saturées se trouvent dans la malbouffe, la charcuterie, le beurre mais aussi l’huile de coco.

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Des jeunes souris nourries de graisses saturées présentent déjà des troubles cognitifs au bout d’un mois. Ces résultats peuvent être transposés à l’être humain, car cette maturation pendant l’adolescence est à l’œuvre «aussi bien chez l’homme que chez la souris», a indiqué le professeur Urs Meyer, responsable de l’étude publiée dans la revue «Molecular Psychiatry».

L’âge comme facteur déterminant

Quant aux souris adultes trop richement nourries, elles n’affichent qu’un surpoids, mais pas de troubles cognitifs. Les chercheurs zurichois ont souligné que l’âge des souris était déterminant dans l’apparition de ces troubles cognitifs. L’adolescence est en effet la période pendant laquelle a lieu la maturation du cortex préfrontal. Cette partie du cerveau a la particularité de présenter un développement plus lent que les autres structures cérébrales: sa maturation termine seulement au début de l’âge adulte.

Des modifications dans le comportement

Pendant sa maturation, le cortex préfrontal est extrêmement sensible aux influences extérieures négatives telles que la nourriture déséquilibrée, le stress, les infections et les traumatismes, soulignent les chercheurs. Le comportement d’un individu peut alors changer: difficultés à apprendre, perte des inhibitions, voire adoption d’un comportement puéril ou agressif.

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L’étude n’a pas quantifié le seuil minimal de graisse saturée dans la nourriture susceptible d’entraîner un dommage au cortex. Quelqu’un qui mange une fois par semaine au fast-food ne serait pas concerné. Mais les chercheurs concluent qu’il faut accorder plus d’attention à l’alimentation des adolescents afin qu’elle soit la plus équilibrée possible.

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