Un soleil rouge sang se découpe nettement sur un ciel sans nuage, mais pourtant uniformément gris. C’est le triste spectacle qu’aperçoivent les habitants de Yakoutie depuis plusieurs semaines. Un voile grisâtre causé par d’immenses incendies. Les forêts couvrent 80% de cet immense territoire de l’Extrême-Orient russe, grand comme cinq fois et demie la France.

Les services de surveillance atmosphérique signalent la concentration en particules de suie (connues sous le nom de PM2,5) à Yakoutsk, ville d’un demi-million d’habitants, qui dépasse 40 fois la limite recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ou 17 fois la moyenne dans les villes les plus polluées d’Inde et de Chine. L’aéroport est fermé, les navigations fluviales coupées, de même que de nombreuses routes, à cause du manque de visibilité et du danger d’incendies se propageant rapidement. La population a reçu pour consigne de ne sortir qu’en cas de nécessité et de soigneusement calfeutrer portes et fenêtres.