L’accélérateur de particules le plus puissant du monde, le LHC, a été poussé lundi matin à un niveau jamais atteint, a indiqué le Centre européen de recherches nucléaires (Cern) qui exploite l’instrument physique destiné à percer les secrets de la création de l’univers.

«Le LHC est devenu aujourd’hui le plus puissant accélérateur de particules, après avoir accéléré ses deux faisceaux de protons à une énergie de 1,18 téraélectronvolts (TeV) tôt ce matin», a expliqué le Cern dans un communiqué.

«C’est fantastique. Toutefois, nous continuons à procéder étape par étape, et il y a encore beaucoup à faire avant de commencer à faire de la physique en 2010. Je garde mon champagne au frais d’ici là», a expliqué le directeur général Rolf Heuer.

Jusqu’à ce jour, le record était détenu par l’un des concurrents du Cern, le Fermilab de Chicago aux Etats-Unis qui avait réussi à atteindre une vitesse de 0,98 TeV en 2001.

En 2010, le Cern a pour objectif de faire monter en énergie les faisceaux, en préparation de collisions à 7 TeV (3,5 Tev par faisceau), soit trois fois et demi la puissance maximale du Fermilab.

Le nouveau record établi par le Cern a été atteint en deux étapes. Un premier faisceau de protons a été accéléré à la vitesse de 1,05 TeV dimanche soir à 21H28 (20H28 GMT), puis un deuxième record a été établi lundi à 00H44 (dimanche soir à 23H44 GMT) lorsque les deux faisceaux ont été lancé séparément à la vitesse de 1,18 TeV, selon le communiqué.

«Nous sommes contents mais très prudents», a déclaré à l’AFP un porte-parole du Cern.

«Nous avons accéléré les deux faisceaux à tour de rôle, mais nous n’avons pas fait de collision à la vitesse du nouveau record. Ce n’est qu’en 2010 lorsque les deux faisceaux entreront en collision que nous pourrons faire de la nouvelle physique. D’ici là, plusieurs choses doivent encore être faite», a-t-il expliqué.

Ces prochains jours, le Cern devrait faire progresser l’intensité des faisceaux en augmentant le nombre de protons injectés, selon le communiqué.

Le Grand collisionneur de hadrons, enfoui à 100 mètres sous terre entre la France et la Suisse, dans la banlieue de Genève, et qui a coûté plus de 3,76 milliards d’euros, a été relancé le 20 novembre après quatorze mois d’arrêt suite à des pannes survenues seulement quelques jours après son lancement en fanfare le 10 septembre 2008.

Ses collisions de protons en sens inverse doivent faire jaillir des particules élémentaires encore jamais observées et créer un instant les conditions qui prévalaient dans l’univers juste après le Big Bang, avant que les particules élémentaires ne s’associent pour former les noyaux d’atomes.

Les chercheurs du Cern ambitionnent de trouver la preuve de l’existence des particules éphémères comme le boson de Higgs, à l’origine de la notion de masse en physique théorique.