Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 1,4 million de personnes contractent chaque année l’hépatite A, 240 millions vivent avec une infection chronique de l’hépatite B et 150 millions avec le virus de l’hépatite C.

«C’est ça l’hépatite. Comprenez-la. Combattez-la», autour de ce thème de la journée du 28 juillet, l’OMS et ses partenaires veulent mobiliser. Cette campagne souligne le fait que la menace sanitaire que représente l’hépatite continue d’être largement ignorée dans le monde.

Epidémie silencieuse

Les virus A, B, C, D et E de l’hépatite peuvent provoquer des infections et inflammations aiguës et chroniques du foie, susceptibles d’entraîner une cirrhose ou un cancer hépatique. Cette «épidémie silencieuse» représente un risque majeur pour la santé dans le monde, affirme l’OMS.

La plupart des sujets atteints d’une infection chronique par l’hépatite B ou C ignorent qu’ils continuent d’être porteurs du virus. Ils s’exposent donc à un risque élevé de développer une maladie chronique sévère du foie et peuvent sans le savoir transmettre le virus à autrui.

Enquête

L’OMS publie les résultats d’une enquête réalisée auprès des gouvernements et lancée l’an dernier avec l’Alliance mondiale contre l’hépatite sur la prévention et le contrôle de l’hépatite. Seuls 47 des 126 pays qui ont répondu (avec un faible taux de réponse des pays africains, un quart de ces pays) ont un plan écrit de prévention de l’hépatite et 36 pays une unité ou département spécialisé.

Si le taux de vaccination contre l’hépatite B atteint 80% au niveau mondial, et si plus de 90% des pays testent le sang destiné à des transfusions aux virus des hépatites B et C, il n’y a pas de vaccin contre l’hépatite C et les médicaments récents ne sont souvent pas disponibles.

Dans la région européenne de l’OMS (y compris la Russie et l’Asie centrale), 13 millions d’adultes vivent avec l’hépatite B et 15 millions avec l’hépatite C. Les personnes qui s’injectent des drogues sont les plus touchées, mais l’infection est aussi répandue parmi les travailleurs du sexe et les homosexuels.

Les rapports sexuels à risques, le tatouage, le piercing, l’injection de drogues et les transfusions de sang comportent des risques de contracter l’hépatite.

Pas de calendrier en Suisse

Seulement sept pays dans la région européenne ont indiqué s’être fixé un objectif pour l’élimination de l’hépatite B avec un calendrier précis. Ce n’est pas le cas de la Suisse, qui a précisé par ailleurs ne pas avoir de stratégie nationale écrite pour combattre l’hépatite et ne pas avoir organisé d’événement particulier lors de la précédente journée mondiale de l’hépatite en 2012.

En Suisse, moins d’une centaine de personnes par an contractent une hépatite B aiguë, les hommes étant les plus touchés (75% des cas). Le nombre de déclarations d’hépatite C aiguë diminue légèrement depuis 2002; il est d’environ 50 cas par an, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Quant au virus de l’hépatite A, plus bénin, il s’attrape par de l’eau, des jus ou des aliments insuffisamment cuits (salades, fruits non pelés, fruits de mer, glaçons) dans des conditions d’hygiène insuffisantes. Le virus est ramené en Suisse par des voyageurs provenant des régions à risques (Asie, Afrique, Amérique du Sud, Europe de l’Est). Le virus peut être contracté par les selles.