L’album de la famille humaine compte désormais une page de plus. La photo du nouveau venu est floue, délavée par les touffeurs asiatiques – on ne le connaît que grâce à quelques dents, un fémur et des os de pied et de main – mais son irruption confirme que les paléontologues sont encore loin d’avoir exploré toute la diversité des humanités disparues. Homo luzonensis vivait à Luçon, la plus grande île des Philippines, il y a plus de 50 000 ans. Treize restes fossiles, attribués à au moins trois individus distincts, sont décrits dans la revue Nature du 11 avril.

Il semble que ces archipels du Sud-Est asiatique soient un laboratoire de l’évolution humaine

Gerrit van den Bergh, Université de Wollongong

Il semble que ces archipels du Sud-Est asiatique soient un laboratoire de l’évolution humaine

Gerrit van den Bergh, Université de Wollongong

Comme à chaque fois que l’on tente de définir une nouvelle espèce appartenant au genre Homo, il y aura des débats parmi les paléoanthropologues. Mais Florent Détroit, du Muséum national français d’histoire naturelle (MNHN) à Paris, premier signataire de l’étude, estime que son protégé remplit parfaitement le critère le plus discriminant: «Il est différent de tout ce que l’on connaît déjà!» C’est-à-dire un mélange de caractères archaïques et modernes, qui enrichissent la diversité du genre Homo, un groupe apparu il y a plus de 2,5 millions d’années et défini par trois critères: une bipédie permanente, l’augmentation du volume cérébral et l’utilisation d’outils.