La revue médicale britannique The Lancet s’est formellement rétractée mardi sur une étude datant de 1998 faisant un lien entre le vaccin ROR (rougeole-rubéole-oreillons) et l’autisme. La revue a décidé de retirer de ses archives cet article, qui avait entraîné une baisse de cette triple vaccination en Grande-Bretagne.

The Lancet avait déjà reconnu en 2004 qu’elle n’aurait pas dû publier cette étude dirigée par le Dr Andrew Wakefield, qui a été à l’origine d’une vive polémique en Grande-Bretagne. Plusieurs études (britannique, canadienne, américaine...) publiées après l’étude en cause, qui avait été réalisée sur un échantillon de seulement 12 enfants, n’ont établi aucune corrélation entre la survenue d’autisme et le triple vaccin ROR.

Ainsi, une étude canadienne, réalisée auprès de 28.000 enfants québécois, paru dans la revue médicale spécialisée en 2006, a invalidé l’hypothèse incluse dans l’article de 1998.

«Il n’y a aucune relation entre l’autisme et le niveau d’exposition au vaccin ROR ou aux vaccins contenant du thimérosal» (ndlr: ou thiomersal, un conservateur contenant du mercure), déclarait alors le Dr Eric Fombonne, directeur du centre de pédopsychiatrie de l’hôpital de Montréal pour enfants, affilié à l’université McGill.

Plus récemment, la justice américaine a rejeté en février 2009, les demandes de dédommagement de trois familles affirmant que leur enfant était devenu autiste après l’administration du vaccin ROR, en soulignant qu’il n’y avait pas de preuves scientifiques fiables pour soutenir leur plainte.

Le Dr Wakefield, désormais basé aux Etats-Unis, qui avait semé la panique dans le monde anglo-saxon en publiant son étude dans la prestigieuse revue médicale, s’est vu reprocher d’avoir manqué à l’éthique médicale.

The Lancet a ainsi suivi un jugement du General Medical Council britannique (Conseil général de la médecine) en date du 28 janvier dernier, selon lequel certains éléments de l’article de 1998 de Wakefield et ses co-auteurs sont «incorrects» et ses méthodes de recherche «non éthiques».

L’autisme fait partie des «troubles envahissant du développement» marqués par des difficultés de communication.

Le Dr Fiona Godlee, rédacteur en chef du British Medical Journal (BMJ) a salué mardi la décision de rétraction du Lancet : «cela va aider à restaurer la confiance dans cet important vaccin et dans l’intégrité de la littérature scientifique», a-t-elle commenté.