Le 26 avril 1986, à 1h23 du matin, une déflagration retentit dans la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Le réacteur n° 4 vient d’exploser. En cause: un essai technique hasardeux, dans cette installation dont la conception date des années 1960 – et dont les défauts seront identifiés plus tard. L’accident entraîne le rejet brutal, dans l’atmosphère, des produits radioactifs contenus dans le cœur du réacteur nucléaire. Les émissions se poursuivront jusqu’au 5 mai, et le nuage radioactif survolera une grande partie de l’Europe. A ce jour, cette catastrophe reste la plus grave jamais survenue dans une installation nucléaire civile.

Mais que sait-on, au juste, de son impact sanitaire? Apre polémique. «Il est impossible de dresser un bilan sanitaire exhaustif» de Tchernobyl, relevait l’Institut français de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en 2016. Deux études, publiées le 23 avril dans la revue Science, apportent de nouveaux éclairages – sans clore pour autant le débat. Elles ont été coordonnées par Stephen Chanock, de l’Institut national du cancer américain, avec des équipes ukrainiennes notamment. «Des chercheurs de toute confiance», commente Dominique Laurier, épidémiologiste à l’IRSN.