Lu ailleurs

L’indispensable trousse à maquillage de l’espace

Eye-liner, fard et mascara: lorsque les premières Américaines ont pris part à des missions spatiales, les ingénieurs de la NASA ont estimé qu'une de leurs priorités serait sans aucun doute... de se maquiller. Le kit n'a jamais quitté la terre ferme

Qu’emporteriez-vous si vous deviez prendre part à une mission spatiale? Du matériel scientifique, de la nourriture lyophilisée et un bon roman? Certainement. Mais lorsque les premières femmes sont apparues parmi les astronautes américains, à la fin des années 1970, les ingénieurs de la NASA ont pensé qu’il leur faudrait aussi du maquillage. Ils ont donc imaginé un kit spécialement dédié à cet effet, relate le site américain Quartzy.

«Les ingénieurs de la NASA, dans leur sagesse infinie, ont décidé que les femmes astronautes voudraient du maquillage, donc ils ont conçu une trousse de maquillage… Vous ne pouvez imaginer les discussions entre les ingénieurs, pour la plupart des hommes, au sujet de ce qui devrait aller dans cette trousse», a raconté Sally Ride, la première Américaine à s’être rendue dans l’espace en 1983, dans un tweet partagé hier par le bureau historique de l’Agence spatiale américaine.

La trousse en question, qui n’a finalement jamais quitté la terre ferme, fait aujourd’hui partie des collections du Musée national américain de l’air et de l’espace. Elle comprend de l’eye-liner, du mascara, de l’ombre à paupières, du démaquillant, du fard et du brillant à lèvres. La grande quantité de produits destinés à se maquiller les yeux, alors que rien n’est prévu pour l’hydratation de la peau par exemple, a de quoi laisser songeur. «Je n'ai jamais été dans l’espace, mais de nos jours les dermatologues recommandent généralement de ne pas se maquiller lourdement avant de prendre un vol», souligne pertinemment le journaliste de Quartzy.

Survivre sans shampoing

D’après Sally Ride, les journalistes qui l’ont questionnée au sujet de sa mission étaient surtout intéressés par la manière dont elle utiliserait les toilettes et se maquillerait en apesanteur. «Ils ne se préoccupaient pas de savoir si j’étais bien préparée pour piloter le bras de la navette ou pour déployer un satellite de télécommunications», a-t-elle relaté dans une interview.

Ce sexisme désuet pourrait prêter à sourire… sauf qu’il est malheureusement toujours d’actualité. Quand, en 2015, six femmes astronautes russes ont embarqué pour huit jours dans un simulateur de vol, les questions de la presse ont porté sur leur capacité à survivre sans hommes et sans shampoing. Et le directeur de l’institut moscovite où se déroulait l’expérience de leur lancer: «J’aimerais vous souhaiter de ne pas avoir de conflits, mais comme on le dit, deux femmes au foyer ont du mal à vivre ensemble dans une même cuisine.»

Aux Etats-Unis, les femmes n’ont constitué que 15% des équipes scientifiques impliquées dans des missions planétaires au cours des quinze dernières années, d’après le magazine Science, qui souligne que la disparité est encore pire parmi les minorités ethniques. La NASA a semble-t-il pris conscience du problème et a annoncé vouloir favoriser la diversité au sein de ses équipes. Sur les 12 nouveaux astronautes recrutés en juin dernier par l’Agence spatiale, cinq sont des femmes.

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