Biodiversité

La liste rouge de l’UICN élargie

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s’allie avec le constructeur automobile Toyota afin de développer sa liste rouge des espèces menacées

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), organisation environnementale basée à Gland et spécialisée dans l’évaluation de l’état de la biodiversité, a signé le 10 mai un partenariat avec le constructeur automobile japonais Toyota. Inger Andersen, directrice générale de l’UICN, explique les termes du contrat.

Le Temps:  Quelle est l’importance de ce nouveau partenariat pour l’UICN?

Inger Andersen: Toyota s’est engagé à financer le développement de notre liste rouge des espèces menacées pendant cinq ans. Nous recevrons cette année 1,2 million de dollars pour cette mission; des montants similaires devraient ensuite suivre chaque année. C’est une contribution fondamentale à notre travail. Nous avons déjà évalué le risque d’extinction de près de 80 000 espèces, mais le soutien de Toyota va nous permettre d’en étudier 28 000 supplémentaires. Nous ambitionnons d’atteindre l’objectif de 160 000 espèces passées en revue en 2020. Ces connaissances sont totalement indispensables pour prendre des actions concrètes de protection de la biodiversité.

- Ne craignez-vous pas que Toyota utilise l’UICN pour se donner une image d’entreprise «verte»?

- Nous avons une politique extrêmement stricte en matière de partenariat. Nos experts se sont penchés sur les différents volets du programme environnemental de Toyota et l’ont jugé impressionnant. Pour nous, c’est une très bonne chose de recevoir le soutien de ce partenaire.

- Quel sera le focus de cet élargissement de la liste des espèces menacées?

- Nous avons choisi de nous concentrer sur les espèces qui jouent un rôle dans la sécurité alimentaire, afin d’aider à la mise en œuvre de l’objectif «Faim zéro» qui figure parmi les Objectifs de développement durables adoptés l’année dernière par les Nations unies. Une attention particulière sera ainsi accordée aux espèces sauvages de plantes cultivées, qui peuvent nous aider à mettre au point de nouvelles variétés adaptées aux changements climatiques. Des poissons marins comme les sardines, pilchards ou soles feront aussi l’objet d’études approfondies. Mais nous continuerons à nous intéresser à des groupes du vivant qui n’ont pas de lien direct avec l’alimentation humaine, comme les invertébrés.

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