politique scientifique

L’ombre du Brexit plane sur la science britannique

Terre d’excellence scientifique, le Royaume-Uni risque gros en cas de sortie sans accord de l’Union européenne. Le flou règne sur l’avenir de multiples programmes de recherche lourdement financés par Bruxelles

Le doute raisonnable, moteur des interrogations scientifiques, est le lot quotidien des chercheurs. Mais pour la communauté scientifique britannique, l’incertitude est depuis trois ans d’un tout autre genre. Habitués à travailler avec leurs collègues allemands, français ou espagnols, les universitaires britanniques pourraient se retrouver partiellement coupés de ces savoirs. En cause: le Brexit. S’il y a un divorce sans accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, le pays se verra privé de nombreux fonds européens, parmi lesquels les prestigieux ERC (European Research Council, dont 22% sont partis outre-Manche de 2010 à 2016), des crédits qui font partie intégrante du programme Horizon 2020 et ses 80 milliards d’euros sur sept ans.

Avec trois universités classées dans le top 10 des meilleures du monde dans le domaine des sciences, le Royaume-Uni est unanimement reconnu comme l’un des leaders de la scène scientifique. Une excellence qui pourrait être remise en question par le Brexit, selon Mike Galsworthy: «Ce n’est pas parce que vous avez un passé glorieux que vous aurez un futur glorieux. Notre réputation va être affectée. Si auparavant le Royaume-Uni était vu comme un endroit sûr pour développer des projets scientifiques, ça risque de ne plus être le cas et les jeunes talents partiront vers d’autres pays et leur expertise avec», explique le fondateur du groupe Scientists for EU.