Siège de l’Organisation mondiale de la santé: l’affluence des médias est considérable et la tension palpable. Mercredi, un comité scientifique ad hoc s’est réuni en urgence. Certains experts étaient à Genève, d’autres reliés à l’OMS par vidéoconférence. Le comité devait prendre une décision à laquelle la planète entière était suspendue. Après des heures de discussion, le Comité n'est pas parvenu à trancher s'il allait ranger l’épidémie de coronavirus, qui se propage en Chine et ailleurs, au rang d'urgence de santé publique de portée internationale. Il était totalement partagé: «C'était du 50-50», relève le professeur Didier Houssin, président du comité d'urgence. Ce dernier a repris ses travaux jeudi matin.

Décision délicate

Pour l’institution onusienne, une telle décision est toujours délicate, car ses conséquences sont considérables. Des restrictions de commerce et de voyage pourraient s’ensuivre. L’OMS a décrété une telle urgence en 2018 en RDC et en Afrique de l’Ouest en 2014 dans le cadre d’une grave épidémie d’Ebola. Mais aussi en 2016 pour une épidémie de Zika et en 2009 pour la grippe porcine H1N1. Elle est toujours tiraillée entre la nécessité de prendre la mesure de la situation qui évolue rapidement sur le terrain, le risque de surréagir comme elle l’a fait en 2009 ou de tarder à prendre les mesures qui s’imposent comme ce fut le cas avec l’épidémie d’Ebola en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia qui infecta 28 000 personnes et en tua quelque 11 000 autres.