L’Organisation mondiale de la santé (OMS) surveille un nouveau variant du coronavirus, baptisé «Mu», qui a été identifié pour la première fois en Colombie en janvier, puis signalé dans d’autres pays d’Amérique du Sud et en Europe.

Le variant – B.1.621 selon la nomenclature Pangolin – a pour l’instant été classé comme «variant à suivre» et non comme un variant «préoccupant», a précisé l’OMS dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire sur l’évolution de la pandémie. Le point sur ce que l’on sait à ce stade.

■ Pourquoi le variant Mu est-il surveillé par l’OMS?

Tout comme les variants Eta (B.1.525), Iota (B.1.526), Kappa (B.1.617.1) et Lambda (C.37), le variant Mu a été classé comme un variant «à suivre» par l’OMS, en raison d’une série de mutations, notamment les mutations E484K et N501Y (également présentes sur le variant Alpha ou B.1.1.7) qui lui permettraient d’échapper en partie à l’efficacité des vaccins.

Lire aussi: La quatrième vague de Covid-19 est celle des non-vaccinés

«Les données préliminaires présentées au groupe de travail sur l’évolution du virus montrent une réduction de la capacité de neutralisation des sérums de convalescents et de vaccinés similaire à celle observée pour le variant Beta [ou B.1.351, apparu pour la première fois en Afrique du Sud, ndlr], mais cela doit être confirmé par des études supplémentaires», note le rapport de l’OMS.

On le rappelle, tous les virus, y compris le SARS-CoV-2 responsable du Covid-19, mutent avec le temps. La plupart des mutations n’ont que peu ou pas d’incidence sur les propriétés du virus. Cependant, certaines d’entre elles peuvent affecter les propriétés du virus et influer, par exemple, sur la facilité avec laquelle il se propage, la gravité de la maladie qu’il entraîne ou l’efficacité des vaccins, des médicaments, des outils de diagnostic ou des autres mesures sociales et de santé publique.

■ Quelle est la prévalence du variant Mu dans le monde?

Depuis sa première identification en Colombie en janvier 2021, le variant Mu a fait l’objet de rapports sporadiques de cas et d’épidémies un peu plus importants dans différents pays d’Amérique du Sud et en Europe, notamment en France, en Espagne et au Royaume-Uni.

Au 29 août, plus de 4500 séquences (3794 séquences de B.1.621 et 856 séquences de sa sous-lignée B.1.621.1) ont été téléchargées sur la plateforme Gisaid en provenance de 39 pays.

La prévalence mondiale du variant Mu parmi les cas séquencés a diminué, puisqu’elle est désormais inférieure à 0,1%. Elle est toutefois en augmentation en Colombie (39%) et en Equateur (13%), ce qui a interpellé l’OMS. La co-circulation du variant Delta et du variant Mu en Amérique du Sud fera donc désormais l’objet d’une surveillance particulière.

■ Que faut-il en penser?

Faute d’études permettant de comprendre ses caractéristiques phénotypiques cliniques, on ne sait pas encore grand-chose du variant Mu, notamment sur la question de sa transmissibilité entre humains ou encore de la sévérité des infections qu’il engendre. A signaler aussi que pour l’heure toutes les données à disposition sont expérimentales et qu’il n’y a pas non plus de données in vitro liées à la contagiosité du variant Mu.

Selon la dernière analyse de risque sur les variants émergents du SARS-CoV-2 réalisée notamment par Santé Publique France, «le variant Mu ne semble pas présenter de caractéristiques lui donnant un avantage compétitif par rapport à Delta, mais doit faire l’objet d’une surveillance attentive en raison de son profil de mutations et des données expérimentales préliminaires récentes en provenance du Royaume-Uni, qui suggèrent des propriétés d’évasion immunitaire similaires à celles du variant of concern Beta.»