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L’oubli est difficile pour le cerveau

Le cerveau est plus actif quand il doit oublier intentionnellement une image que lorsqu’il doit s’en rappeler. L’oubli n’est donc pas forcément un processus passif

Oublier peut être plus difficile que se souvenir. Quand les gens se forcent à oublier une image vue récemment, l’activité cérébrale est plus élevée que quand ils essaient de se rappeler de cette image. C’est ce qu’a démontré une étude présentée le 2 avril au meeting annuel de la société américaine des neurosciences cognitives à New York. Le magazine ScienceNews y consacre un article.

Oublier est souvent un processus passif, dans lequel le souvenir s’échappe du cerveau, raconte Tracy Wang de l’Université du Texas, principale auteur de l’étude. Mais parfois, l’oubli peut être délibéré, pour contrôler des souvenirs non désirés.

Obligation d’oublier

Dans cette expérience, vingt adultes ont regardé diverses images de visages, de scènes ou d’objets. Pendant ce temps, les réactions de leur cerveau à ces images étaient enregistrées par un scanner à imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Les cobayes recevaient, au fur et à mesure, l’instruction d’oublier ou de se souvenir de ces images.

Dans la partie ventrale du cortex temporal – une aire du cerveau impliquée dans la mémoire – l’activité cérébrale provoquée par une image particulière était plus forte quand le participant devait l’oublier que lorsqu’il devait s’en rappeler. De plus, l’oubli volontaire demandait également une plus grande activité neuronale qu’un oubli accidentel.

Bien sûr, tout le monde sait qu’il est facile d’oublier quelque chose sans le faire consciemment. Mais les résultats de cette étude montrent que l’oubli intentionnel ne constitue pas un processus passif. Le cerveau doit travailler activement pour effacer un souvenir à dessein.


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