L’accident Dans le golfe du Mexique, les tentatives pour boucher le puits de pétrole, après l’accident qui a fait sombrer la plate-forme Deepwater Horizon, ont jusqu’à présent échoué et une gigantesque nappe de 965 kilomètres de circonférence s’approche des côtes de la Louisiane, berceau d’un écosystème fragile. Sans relâche, le pétrole s’écoule au fond du golfe, après l’explosion, mardi 20 avril, de la plate-forme Deepwater Horizon, construite par Transocean en 2001 pour BP. L’accident, qui s’est produit lors d’un forage, a fait quatre blessés graves et onze disparus (sur 126 personnes à bord). La plate-forme a fini par couler le 22 avril. Elle repose maintenant à 1500 mètres sous la surface.

Robots et couvercle Selon BP, les fuites libèrent environ 159’000 litres de brut par jour. La plate-forme contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait près de 1,27 million de litres par jour. BP a tenté à l’aide de quatre bras robotiques sous-marins de colmater deux fuites. Mais ses efforts sont jusqu’ici restés vains. Les ingénieurs essaient d’autre part de construire un large couvercle sous-marin destiné à endiguer la fuite.

Pire que l’«Exxon Valdez»? Mercredi, la responsable des gardes-côtes de La Nouvelle-Orléans s’est refusée à comparer l’accident avec celui du pétrolier Exxon Valdez. Le navire s’était échoué sur les côtes de l’Alaska et avait déversé plus de 40 millions de litres de pétrole sur une distance de 1300 km. Mais, a-t-elle toutefois assuré, «si nous ne sécurisons pas le puits, oui, ceci constituera une des pires marées noires de l’histoire américaine». Le 24 mars 1989, le pétrolier américain Exxon Valdez avait heurté un récif dans la baie du Prince William (Alaska), déversant quelque 38 800 tonnes de pétrole lors de la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis. Selon une étude de l’Université de l’Alaska, seul un quart de la faune sous-marine avait survécu.