Les pays de l’Union européenne ont décidé jeudi d’interdire à partir du printemps prochain la production puis la commercialisation en Europe de biberons contenant du bisphénol A, un composé chimique controversé utilisé dans la fabrication de plastiques alimentaires.

Les experts des pays de l’Union européenne sur le sujet, qui se sont réunis jeudi après-midi, «sont parvenus à (un accord à) la majorité qualifiée sur une proposition de la Commission européenne» pour interdire le bisphénol A (BPA) dans les biberons, a annoncé la Commission européenne dans un communiqué. «Cette mesure va entrer en vigueur à partir de la mi-2011», a-t-elle ajouté. La production de ces biberons sera interdite à partir du 1er mars 2011, puis leur mise sur le marché et leur importation à partir du 1er juin.

«C’est une bonne nouvelle pour les parents européens, qui peuvent être sûrs qu’à partir de mi-2011, les biberons en plastique ne contiendront pas de bisphénol A», s’est félicité le commissaire européen chargé de la Santé et de la Consommation, John Dalli. Il a expliqué s’être fondé sur un avis de l’Agence Européenne pour la sécurité des aliments (AESA), qui a exprimé des réserves le 23 septembre, pour demander l’interdiction de ce produit.

«Au vu de la récente opinion de l’AESA, j’ai souligné qu’il y avait des zones d’incertitudes, découlant de nouvelles études, qui ont montré que le bisphénol A pourrait avoir un effet sur le développement du corps humain, la réponse immunitaire ou le développement de tumeurs», a expliqué John Dalli.

Le Parlement européen s’était déjà prononcé en juin pour l’interdiction de la fabrication et de la commercialisation de biberons contenant du bisphénol A. Le Canada, qui avait été le premier pays en 2009 à interdire les biberons pour bébés en plastique rigide fabriqués à partir de bisphénol A, est devenu en octobre le premier pays au monde à classer le bisphénol A comme une substance toxique, malgré l’opposition de l’industrie chimique.

Risques observés sur des rongeurs

Le bisphénol A est soupçonné d’augmenter les risques de puberté précoce chez les femmes, de cancer de la prostate ou du sein et d’anomalies de reproduction. De tels effets ont été observés sur des rongeurs en laboratoire, mais les industriels estiment que ces craintes ne sont pas scientifiquement fondées pour l’homme. Le composé chimique est utilisé par l’industrie pour la fabrication de biberons, d’amalgames dentaires, de bombonnes d’eau rechargeable, de bouteilles en plastique, d’emballages alimentaires ou de CD.