Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Daphnia magna, une grande puce d'eau qui permet de réguler la prolifération d'algues et qui est souvent moins abondante dans des zones urbaines.
© Joachim Mergeay

Ecologie

L’urbanisation, un problème de taille

La température plus élevée des milieux urbains a une influence sur la taille de nombreuses espèces animales, dont les araignées et les papillons

Les lépidoptérophiles et les arachnophobes devraient habiter en ville. C’est du moins ce qu’une étude parue mercredi 23 mai dans la revue «Nature» semble suggérer. Si l’urbanisation a un impact notoire sur le déclin de la biodiversité, il en a un également sur la taille des espèces animales.

Certaines araignées seraient ainsi plus petites dans les milieux urbains alors que certains papillons seraient plus grands. En plus de satisfaire les amateurs de l’un où les phobiques de l’autre, ces variations de taille pourraient avoir un impact négatif sur les espaces verts.

Plus chaud en ville

Dans les villes, la température est en règle générale sensiblement plus élevée – notamment durant la nuit – que dans les milieux ruraux ou forestiers situés à proximité. Un consortium de chercheurs européens a étudié l’impact de ce phénomène sur la taille de plus de 700 espèces animales. Plus de deux ans ont été nécessaires aux chercheurs pour collecter les 95 001 individus inclus dans l’étude.

«Rassembler toutes ces espèces est très compliqué et nécessite la collaboration de nombreux experts, explique Thomas Merckx, premier auteur de l’étude. Nous sommes par ailleurs les premiers à montrer un effet de l’urbanisation sur la taille des espèces animales.» Si certaines d’entre elles semblent être plus petites en ville, d’autres seraient plus grandes. Comment expliquer cette différence?

Métabolisme accéléré

La température augmente en général la vitesse des réactions chimiques et biologiques, ce qui se traduit chez la plupart des espèces animales par un métabolisme plus rapide. En ville, certaines deviennent ainsi plus rapidement adultes tout en restant de petite taille.

D’un autre côté, pour certaines espèces, la mobilité est plus importante que pour d’autres. Un papillon qui doit se déplacer pour polliniser aura un certain avantage à être plus grand pour se mouvoir plus rapidement d’un espace vert à un autre dans une ville qui présente souvent une végétation fragmentée.

Les maillons faibles de l’écosystème

Le problème avec le changement de taille, c’est l’impact sur l’écosystème qui dépend des interactions entre de multiples espèces. Si l’une d’entre elles est moins efficace, c’est toute la biosphère qui est affectée. Les cladocères ou puces d’eau par exemple, de petits crustacés aquatiques, sont des filtres très importants pour la qualité de l’eau, car ils permettent de limiter la prolifération des algues.

«Avec la réduction de leur taille, leur capacité à filtrer est également réduite», explique Thomas Merckx. Ce qui pourrait avoir un impact sur la qualité des points d’eau urbains. «Notre étude devrait inspirer les urbanistes à insérer plus de végétation locale dans les villes pour limiter ces phénomènes», conclut le chercheur.


Lire aussi: 

De la biodiversité en ville oui, mais locale

Publicité
Publicité

La dernière vidéo sciences

Sécheresse et feux de forêts vus de l’espace

Chaque année, 350 millions d’hectares de forêts, friches et cultures sont ravagés par des incendies, soit la taille de l’Inde. L’astronaute allemand Alexander Gerst partage sur Twitter sa vue panoramique sur le réchauffement climatique depuis la Station spatiale internationale

Sécheresse et feux de forêts vus de l’espace

This handout picture obtained from the European Space Agency (ESA) on August 7, 2018 shows a view taken by German astronaut and geophysicist Alexander Gerst, showing wildfires in the state of California as seen from the International Space Station…
© ALEXANDER GERST