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Les Alpes vues du Ciel, par Thomas Pesquet.
© Thomas Pesquet / Twitter

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Pour maintenir leur niveau de vie, les Suisses ont besoin de trois planètes

Les organisations écologistes font leur décompte annuel: les ressources disponibles sont épuisées dès ce mercredi 2 août. Il y a vingt ans, ce seuil était fixé à la fin de septembre. La Suisse n'est pas si bonne élève qu'elle l'imagine

C’était le 21 décembre en 1971, le 21 octobre en 1993, le 22 septembre en 2003: le jour du dépassement ne cesse d’avancer. Ce mercredi 2 août marque pour la Terre le «jour du dépassement» (overshoot day en anglais): «A partir de cette date, l’humanité aura consommé l’ensemble des ressources que la planète peut renouveler en une année», écrivent Global Footprint et le WWF dans un communiqué commun.

Lire aussi: La pollution tue 1,7 million d’enfants chaque année

La Suisse consomme pour trois planètes

Le réseau Global Footprint Network, qui comprend le WWF, établit ce calcul tous les ans. Pour l’établir, il prend notamment en compte l’empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l’élevage, les cultures, la construction et l’utilisation d’eau.

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2), la surpêche, la déforestation sont les principaux responsables de l’empreinte écologique humaine. Chaque seconde qui passe, plus d’un million de tonnes de CO2 sont lâchées dans l’atmosphère, et 41 200 kg de nourriture jetés. Il faudrait l’équivalent de 1,7 planète pour assurer le niveau de vie actuel.

Selon Global Footprint, si la consommation mondiale continue d’augmenter, nous aurions besoin de l’équivalent de deux planètes en 2050. La Suisse a déjà atteint son jour de dépassement depuis le 18 avril dernier, et si le monde entier vivait selon notre exemple, nous aurions besoin de plus de trois planètes.

Pierrette Rey, du WWF Suisse: «Agir»

Porte-parole de WWF Suisse, Pierrette Rey refuse toute fatalité: «Chacun peut agir individuellement. Surveiller sa consommation de viande, l’élevage de bœuf étant la première cause de déforestation dans le monde, éviter le gaspillage, prendre le vélo ou les transports publics plutôt que la voiture… Cela concerne l’individu, comme les pouvoirs publics, évidemment. Il faut investir massivement dans les énergies renouvelables.»

Laetitia Mailhes, porte-parole de Global Footprint, renchérit: «Pour diminuer notre empreinte énergétique, il faut agir selon quatre axes: le développement urbain, en construisant des villes plus durables et réfléchies, l’alimentation, la démographie, même si c’est le mode de consommation qui prime, et le plus important, l’énergie. 60% de l’empreinte écologique provient des émissions de CO2.»

Une stabilisation des émissions de CO2

Malgré la croissance de l’économie mondiale, «les émissions de CO2 liées à l’énergie n’ont pas augmenté en 2016 pour la troisième année consécutive», relèvent les organisations écologistes. Selon elles, «cela peut s’expliquer en partie par le développement important des énergies renouvelables dans l’électricité».

Durant la lecture de cet article, selon les calculs des écologistes, plus de 100 millions de tonnes de CO2 ont été libérées dans l’atmosphère et presque 5 millions de kg de nourriture ont été gaspillés.

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