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La Maison-Blanche veut faire de l’ISS une entreprise privée

Cent cinquante millions de dollars pourraient être investis pour une transition des opérations de l’ISS, qui passeront de la NASA à des groupes privés

La Station spatiale internationale (ISS) pourrait-elle devenir une entreprise privée? C’est le souhait de la Maison-Blanche, qui a fait part de sa volonté de ne plus financer le coûteux programme de la NASA d’ici à quelques années, a révélé dimanche le Washington Post.

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L’objectif est de privatiser l’ISS, une station spatiale placée en orbite terrestre basse, à environ 400 kilomètres d’altitude, pilotée par l’agence spatiale américaine et développée conjointement avec l’agence spatiale russe. Elle sert à un équipage international – notamment avec la collaboration des agences spatiales européenne, japonaise et canadienne – pour développer la recherche scientifique dans l’univers spatial.

Passer le relais à l’industrie

«La décision de mettre fin au soutien fédéral direct pour l’ISS en 2025 ne signifie pas que la plateforme elle-même sera retirée de l’orbite à ce moment-là – il est possible que l’industrie puisse continuer à faire fonctionner certains éléments ou capacités de l’ISS dans le cadre d’une future plateforme commerciale», peut-on lire dans un document interne de la NASA dont le quotidien a eu connaissance. «La NASA va développer ses partenariats internationaux et commerciaux sur les sept prochaines années pour assurer la présence et l’accès continu des humains à l’orbite terrestre basse», poursuit le document.

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Ce dernier, que le site Quartz a également pu consulter, montre une «détermination à remettre l’accent sur l’exploration spatiale par l’homme», mais aussi une certaine frilosité à mettre la main au porte-monnaie, du moins pas sans un coup de pouce du secteur privé.

Le budget 2019 de la NASA tel que proposé par Donald Trump – aux alentours de 20 milliards de dollars, en légère augmentation – repose sur ce partenariat entre l’agence spatiale et les industriels, et ce à tous les niveaux, des communications à l’ingénierie des atterrisseurs planétaires. A la NASA de concentrer ses efforts sur les technologies nécessaires pour emmener des humains dans l’espace, et à des firmes telles que SpaceX, qui vient de réussir le buzz planétaire en expédiant une Tesla dans le cosmos, d'en assurer l'exploitation. Pour ce faire, 150 millions de dollars vont être investis afin de réussir ce passage de relais à l’industrie.

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La décision devrait toutefois être fraîchement reçue car, comme le rappelle le Washington Post, les Etats-Unis ont déjà dépensé quelque 100 milliards de dollars dans le lancement et les frais de fonctionnement de l’avant-poste orbital.

Depuis la présidence de George W. Bush (2001-2009), la NASA a commencé à sous-traiter certaines opérations, en premier lieu les vols de ravitaillement qui sont désormais effectués par SpaceX et Orbital ATK. Tendance qui s’est accentuée sous le mandat de Barack Obama.

La NASA n’avait pas répondu dimanche aux sollicitations de l’AFP.

 

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