Les délégués de la 65e Assemblée mondiale de la santé ont adopté par consensus un projet de décision présenté par l’Australie, Barbade, le Brésil, le Canada, les Etats-Unis, la Russie, la Norvège, la Suisse et la Thaïlande.

«C’est un progrès important. Les maladies non transmissibles sont maintenant au centre de l’attention internationale comme le plus grand facteur de décès, y compris dans les pays en développement», a déclaré à la presse le Dr Douglas Bettcher, du département des maladies chroniques de l’OMS. Réunion en octobre

Les délégués ont aussi décidé d’organiser une réunion des Etats membres avant la fin octobre pour arriver à un consensus sur des cibles précises pour les quatre grands facteurs de risque, à savoir le tabagisme, l’usage nocif de l’alcool, une mauvaise alimentation et la sédentarité.

Les maladies non transmissibles, dont les maladies cardiovasculaires, respiratoires, le diabète et les cancers, sont à l’origine de 36 millions de décès par an dans le monde, soit le 63% de tous les décès. Parmi ces 36 millions de décès, le quart sont prématurés, soit surviennent avant l’âge de 60 ans, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’assemblée mondiale de la santé affirme avoir pris acte du «vaste soutien exprimé par les Etats membres à des cibles mondiales ayant trait à l’hypertention artérielle, au tabac, au sel/sodium et à la sédentarité». Le sucre, facteur notamment d’obésité, n’est pas mentionné, faute de données suffisantes à ce stade, a expliqué le Dr Bettcher.

La réunion d’octobre fera rapport au Conseil exécutif de l’OMS en janvier, pour approbation par la prochaine assemblée mondiale en mai 2013.

Cette décision fait suite au sommet organisé sur les maladies non transmissibles l’an dernier par l’Assemblée générale de l’ONU. Les Etats avaient alors demandé de formuler des recommandations avant la fin de 2012 en vue de définir des objectifs volontaires à l’échelle mondiale.

Selon l’OMS, un adulte sur trois est atteint d’hypertension artérielle et un adulte sur six souffre de diabète dans le monde. L’obésité a doublé en 30 ans. Aujourd’hui, un demi-milliard de personnes (12% de la population mondiale) sont considérées comme obèses. Blocage sur les maladies négligées

Par contre, les délégués planchaient encore vendredi sur un projet de résolution susceptible de rapprocher les points de vue très divergents sur la recherche et le financement des maladies négligées. La position de la Suisse de repousser à plus tard le lancement de négociations sur un projet de convention a reçu le soutien de beaucoup de pays industrialisés.

Les Etats-Unis, notamment, ont exprimé leur hostilité à l’idée de se lier les mains dans un traité contraignant. La proposition de fixer un pourcentage de 0,01% du PIB pour le financement de la RD en faveur de maladies non négligées a été jugée irréaliste. Des pays se sont aussi opposés à l’idée de nouvelles taxes, comme sur les transactions financières.

Selon une porte-parole de l’OMS, Fadela Chaib, davantage de consultations devront avoir lieu, notamment au niveau régional, pour faire progresser ce dossier d’ici l’année prochaine. Réformes approuvées

Les discussions sur la réforme de l’OMS se sont aussi prolongées. Une tentative, à l’initiative du Brésil, d’inclure les déterminants sociaux de la santé comme objectif prioritaire n’a pas passé la rampe.

«Les délégués ont affirmé leur soutien à l’agenda de réformes de la directrice générale Margaret Chan», a résumé la porte-parole de l’OMS. Un document fera la synthèse des nombreuses observations des Etats, notamment sur la transparence et l’efficacité de l’organisation. Les réformes devront se poursuivre ces prochains mois. Les travaux de l’assemblée se terminent samedi.