santé

Manque d’outils contre les faux médicaments

Un trafic 25 fois plus lucratif que celui de la drogue

Le trafic de faux médicaments, qui est l’objet d’un colloque organisé jeudi à Paris, est devenu un véritable «fléau» dans les pays pauvres sans autorité sanitaire vigilante, en l’absence d’outils efficaces pour lutter contre ce phé­nomène grandissant et très in­ter­national.

Majoritairement produits en Asie et principalement écoulés en Afrique, les faux médicaments sont sans principe actif ou bien sous-dosés, et souvent des contrefaçons d’une grande marque avec un emballage imitant le vrai produit. «C’est un fléau qui ne fait que s’aggraver, une nouvelle activité du crime organisé qui vient après le trafic de drogue mais qui pourrait, dans quelque temps, le dépasser», explique le professeur Marc Gentilini, de la Fondation Chirac qui milite sur ce sujet.

Un crime moins combattu

D’après une ONG américaine, la vente de faux médicaments aurait dégagé 75 milliards de dollars en 2010, chiffre en hausse de 90% sur cinq ans. Des malfaiteurs ont vu dans le développement des médicaments et des vaccins dans les pays en développement un moyen facile – et jusqu’à présent sans grand risque – de gagner beaucoup d’argent, souligne la Fondation Chirac. Le trafic de médicaments contrefaits serait 25 fois plus lucratif que la vente de drogue et est surtout bien moins combattu que les autres grandes activités criminelles.

«La seule démarche a été celle lancée par le Conseil de l’Europe avec la convention internationale Medicrime», ajoute-t-il. Mais celle-ci, signée par seulement 15 pays, n’est pour l’heure pas ratifiée et reste donc non appliquée. Il faudrait arriver à une centaine de pays signataires pour voir les choses commencer à bouger. C’est pour relancer cet outil que la Fondation Chirac organise jeudi un colloque sur ce «crime contre les plus pauvres».

Publicité