En 1810, Mary Anning a 11 ans. Depuis l’enfance, elle arpente avec son père, un modeste ébéniste, les plages du Dorset, au sud de l’Angleterre. Leur mission: trouver des «Curiosa», le nom alors donné aux fossiles. Pour cette famille aux ressources limitées, le commerce de ces curiosités naturelles offre un complément de revenus appréciable. L’environnement, il faut dire, s’y prête admirablement. «Les fossiles des falaises du Dorset sont parmi les plus beaux au monde. L’érosion marine y découpe des calcaires très fins, datant du jurassique inférieur, qui préservent très bien les détails anatomiques», relève Bruno David, paléontologue, président du Muséum national d’histoire naturelle à Paris.