épidémie

Le médecin infecté par Ebola est arrivé aux HUG

Dans un état stable mais incertain, le Dr Sarria, contaminé en Sierra Leone, recevra un traitement expérimental à base de molécules antivirales

Le médecin infecté par Ebola est arrivé aux HUG

Epidémie Le Dr Sarria recevra un traitement expérimental à base de molécules antivirales

Une prise en charge «exemplaire», dans laquelle «aucun moment n’a été laissé au hasard», si parfaitement maîtrisée qu’il serait «difficile de l’améliorer». L’heure était aux félicitations vendredi après-midi aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG). La raison de ces réjouissances: la prise en charge réussie du médecin cubain infecté par le virus Ebola en Sierra Leone puis évacué vers Genève.

Rassemblées lors d’une conférence de presse vendredi après-midi, les autorités sanitaires ont pu en dire un peu plus sur l’état de santé et les conditions d’arrivée de Feliz Baez Sarria, 43 ans, premier malade d’Ebola à fouler le sol suisse.

Compagnie aérienne privée

Les circonstances de son infection demeurent obscures, a admis le chef des soins intensifs, Jérôme Pugin, responsable de ce patient. Les premiers symptômes seraient survenus dimanche, ce qui l’aurait conduit à effectuer un examen sanguin dans un centre de traitement de la Croix-Rouge à Kerry Town, à une heure de la capitale Freetown.

Une fois sa contamination avérée, c’est l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui s’est occupée de son évacuation, notamment de l’aspect logistique en louant les services d’une compagnie aérienne américaine spécialisée. L’organisation s’est ensuite adressée à plusieurs pays européens, dont la Suisse. «Après évaluation de la demande, et au vu des moyens dont elle dispose, la Confédération a accepté de prendre en charge ce patient», a confirmé Daniel Koch, de l’Office fédéral de la santé publique.

«Entre ce feu vert de Berne et son arrivée sur le tarmac de l’aéroport de Genève, 36 heures se sont écoulées», a rappelé le médecin cantonal Jacques-André Romand, pour qui le transfert s’est parfaitement déroulé, notamment grâce au bon état de santé du patient. «Il a pu revêtir lui-même sa combinaison de protection, ce qui a limité les risques d’infection du personnel d’accompagnement.» Le Cubain a ensuite été conduit aux HUG dans une ambulance spécialisée. Et, pour ceux qui y trouveraient encore à redire, «les limitations de vitesse ont été respectées, et aucun feu n’a été grillé», a conclu Jacques-André Romand.

Après son arrivée sous l’objectif des caméras des HUG, le Dr Sarria a rejoint une chambre à pression négative, isolée du reste de l’hôpital. Les premiers symptômes ne remontant qu’à quelques jours, il ne souffre que de déshydratation modérée ainsi que de «légers problèmes respiratoires, gastriques et coagulatoires», a énuméré Jérôme Pugin.

Double traitement

L’équipe médicale, après avoir vérifié l’infection par le virus Ebola, a décidé de traiter le malade à l’aide de deux traitements. Celui-ci combine deux antiviraux. Le premier est spécifique au virus Ebola: c’est le fameux ZMapp, qui a déjà sauvé la vie de plusieurs personnes, dont le médecin américain Kent Brantly en août dernier. De plus en plus rare, cette molécule a été fournie aux HUG par des confrères canadiens. L’autre est un antiviral à large spectre, «déjà utilisé chez des malades rapatriés», a précisé Jérôme Pugin.

Malgré ces traitements, «on ne peut établir aucun pronostic sur son état de santé, a répété plusieurs fois le responsable des soins intensifs. Il peut aller beaucoup mieux comme beaucoup moins bien en seulement quelques jours, ou se stabiliser avant d’évoluer… A ce stade, c’est l’incertitude.»

En tout, plusieurs dizaines de personnes, «toutes volontaires», vont s’occuper de ce patient. Mais là encore les équipes des HUG se veulent rassurantes. Bertrand Levrat, le directeur des HUG, a conclu en soulignant le professionnalisme du personnel soignant de l’hôpital, qui a selon lui appliqué à la lettre et en toute sécurité les protocoles de sécurité mis en place il y a longtemps.

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