C’est une curieuse affaire que révèle le site Mediapart, qui illustre l’emprise des laboratoires pharmaceutiques sur les médecins: une application pour smartphone, lancée par une filiale de l’américain Merck, enregistre le comportement des médecins afin de leur délivrer des publicités ciblées, et ce alors que cette appli est présentée comme une simple base de données sur les médicaments.

Nommée «Consult par Univadis», l’application est l’équivalent gratuit du célèbre Vidal, la bible médicale recensant tous les médicaments, leurs fonctions, leurs effets secondaires, etc. Au premier abord, c’est une affaire: plus besoin d’un énorme grimoire, toutes les informations, fournies par des «ressources médicales indépendantes», sont stockées sur le téléphone.

Sauf que ces «ressources indépendantes» sont en fait issues du laboratoire américain Merck, MSD sous sa dénomination européenne. «Univadis est en réalité un outil au service des labos, conçu pour enregistrer ce que consultent les médecins et faire la promotion des médicaments. Mediapart a également découvert que des informations importantes sur certaines molécules ne figuraient pas dans l’application – à cause de simples problèmes techniques, selon Merck», rapporte le site d’investigation.

Exemple, les 270 molécules placées sous «surveillance renforcée» par l’Agence européenne du médicament doivent clairement être identifiées comme telles par un triangle noir inversé. Or, ce symole est inexistant dans l’application, et aucune mention de cette surveillance particulière n’apparaît. Une omission, plaide la filiale de Merck, qui sera corrigée «très prochainement».

Pour l’heure, l’application n’est pas disponible en Suisse.