Globalement, si l’on prend en compte l’ensemble des gaz à effet de serre émis, la Suisse ne prend pas le chemin fixé par le Traité de Kyoto. Selon une étude de l’Office fédéral de la statistique (OFS), qui comptabilise toutes les émissions, y compris celles issues de la combustion de la biomasse (bois, déchets, etc.) et du transport aérien, les rejets de gaz à effet de serre ont augmenté de 3,6% entre 1990 et 2005.

Cet accroissement est dû à plus de 80% aux ménages, notamment à l’usage très répandu de la voiture et de l’avion (les émissions des transports ont progressé de 20% en quinze ans). A l’inverse, l’économie, qui représente 61% du total des émissions, est parvenue à maintenir une croissance de 1%. L’OFS explique aussi le mauvais résultat imputable aux ménages par l’augmentation de la population. Mais c’est bien la mobilité qui contribue le plus à l’empreinte écologique de ces derniers. «Une plus grande mobilité a plus que compensé les progrès réalisés en matière de consommation d’énergie des moyens de transports», écrit l’OFS.

Les chiffres sur le secteur économique sont intéressants. Ils montrent que l’industrie a fait des progrès (-3,4%) alors que le secteur tertiaire (51% du total des émissions de l’économie) enregistre une croissance de 8,1%; le secteur primaire reculant de 9,9% (baisse du nombre d’animaux, usage plus modéré des engrais).

L’Office fédéral de la statistique met en évidence les gains de productivité dans l’économie en général. Ainsi, si les émissions ont progressé dans le secteur tertiaire, la valeur ajoutée, elle, a augmenté de 20%. C’est un indice clair d’un découplage entre croissance économique et niveau des émissions. Certes, il est relatif dans la mesure où le bilan net est toujours négatif mais il témoigne d’une tendance favorable. Le découplage est absolu dans l’industrie où valeur ajoutée et émissions évoluent dans une direction opposée.