Le vaisseau spatial américain Stardust-NExT a rempli tous les objectifs scientifiques du survol rapproché la nuit dernière de la comète Tempel 1, transmettant une moisson fructueuse de photos et de données, se sont félicités mardi les responsables de la mission.

«C’est un formidable succès de la science, nous avons rempli tous nos objectifs», a souligné Joe Veverka, de l’Université Cornell, dans l’Etat de New York, le principal responsable scientifique de Stardus-NExT, lors d’une conférence de presse.

C’est la deuxième fois dans l’histoire qu’une sonde a observé de très près la même comète à deux reprises. Ces deux observations ont eu lieu à un peu plus de cinq ans d’intervalle, a indiqué Tim Larson, chef de ce projet au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena (Californie, ouest).

Stardust-NExT s’est approchée au plus près à 178 km de Tempel 1 à 04H39 Tu (05H39, heure suisse).

Une réalité encore jamais vue

Les images prises par la sonde montrent notamment pour la première fois le cratère de 150 mètres de diamètre laissé en juillet 2005 par l’impact du projectile précipité par le vaisseau américain Deep-Impact, a assuré Pete Schulz, de l’Université Brown (Rhode Island, nord-est), un des membres de l’équipe scientifique.

Les instruments de Deep-Impact avaient collecté des particules du nuage soulevé par le choc et les données scientifiques recueillies continuent à être analysées.

Un autre grand objectif du deuxième survol de Tempel 1 était de déterminer les changements subis par la surface de la comète depuis 2005 après avoir bouclé une orbite autour du Soleil.

Les dernières images de la même partie de la comète prises en 2005 montrent une érosion allant de 20 à 30 mètres sur une superficie de plusieurs centaines de mètres, a précisé Joe Veverka.

Certains des 72 clichés transmis par Stardust révèlent aussi des parties jamais vues de la comète dont le noyau mesure environ 6 km.

Outre ces photos, Stardust-NExt (New Exploration of Tempel) a également transmis des données sur la composition de la comète en traversant l’énorme nuage de morceaux de roche, de glace et de poussière s’échappant de sa chevelure.

Le bruit d’un bombardier!

Le bruit du crépitement des particules frappant Stardust a été enregistré et les scientifiques ont fait entendre l’enregistrement durant la conférence de presse.

«Cela fait penser à un (bombardier) B-17 de la Seconde Guerre mondiale essuyant des tirs», a dit Don Brownlee, de l’Université de l’Etat de Washington à Seattle (nord-ouest).

Les données recueillies au cours de cette mission vont fournir de nouvelles informations importantes sur la formation et l’évolution de ce type de comètes dont l’orbite croise la planète Jupiter.

Les comètes sont des blocs de glace mélangés à d’autres matériaux ayant résulté de la formation du système solaire il y a environ 4,5 milliards d’années, qui avait alors bombardé abondamment les planètes et leurs satellites, comme en témoignent par exemple les cratères sur la Lune.

«Les comètes sont incroyablement importantes (...) car elles contiennent des matériaux organiques, de l’eau, du dioxyde de carbone (CO2)», avait précédemment expliqué Ed Weiler, directeur des programmes scientifiques de la Nasa.

Le vaisseau Stardust avait été lancé en 1999 pour collecter des échantillons de la chevelure de la comète Wild 2 ainsi que des poussières interstellaires qui ont été ramenées sur Terre dans une capsule larguée par la sonde. Il a été reconverti pour cette seconde mission.