La Chine a réduit de plus de moitié la fréquence des cas de tuberculose en 20 ans à peine, en s’assurant que les malades prenaient bien leur traitement, selon la revue médicale britannique The Lancet.

Ce succès inégalé, marqué par des taux qui ont chuté de 170 à 59 cas pour 100 000 habitants entre 1990 et 2010, est attribuable à un renforcement massif de la stratégie des «traitements de brève durée sous surveillance directe» (les «DOTS»), selon les résultats d’une analyse publiée mardi dans la revue.

Cette stratégie a d’abord été appliquée à la moitié de la population dans les années 1990, puis au pays entier après l’an 2000.

«L’un des objectifs mondiaux fixé par le partenariat Halte à la tuberculose («Stop TB») est de réduire la prévalence de la tuberculose de 50% entre 1990 et 2015. Cette étude en Chine est la première qui montre la faisabilité d’atteindre un tel objectif, et la Chine l’a fait cinq ans plus tôt qu’à la date fixée», commente Wang Yu, directeur du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (Beijing) et responsable de l’étude.

D’énormes améliorations en matière de traitement, guidées par un redéploiement important de la prise en charge thérapeutique des hôpitaux vers les centres locaux de santé publique mettant en oeuvre la stratégie DOTS, ont été largement responsable de ce succès, estime-t-il.

Les auteurs notent que ce programme Dots a été bien plus efficace sur la réduction de la fréquence des cas de tuberculose connus que sur les nouveaux cas. Ils pointent à ce propos les efforts supplémentaires à faire en particulier pour une détection et un traitement plus précoces.

La Chine, avec un million de nouveaux cas chaque année, représentant 11% de l’ensemble des nouveaux cas de tuberculose dans le monde.