Ciel 

Le monde a observé la plus longue éclipse de Lune du 21e siècle

Le phénomène a fait rougir notre satellite vendredi, éblouissant des spectateurs dans le monde entier, tandis que la planète Mars, quasiment au plus près de la Terre, était pleine d'éclat

Pour qu'une éclipse de Lune se produise, il faut qu'il y ait un alignement quasi parfait du Soleil, de la Terre et de la Lune. Notre planète, se trouvant entre notre étoile et la Lune, projette alors son ombre sur son satellite naturel.

Privée des rayons du Soleil, la Lune s'est assombrie et a pris une teinte brique car l'atmosphère terrestre dévie les rayons rouges de la lumière solaire vers l'intérieur du cône d'ombre.

L'éclipse, qui correspond au moment où la Lune plonge dans l'ombre de la Terre, a été visible, partiellement ou totalement, dans une moitié du monde (notamment l'hémisphère est). Elle a pu être observée, en fonction des conditions météorologiques, depuis l'Afrique, l'Europe, l'Asie et l'Australie.

103 minutes de «totalité» 

Le phénomène complet (pénombre comprise, imperceptible à l'oeil nu) a débuté à 17h14 GMT et s'est achevé à 23h28 GMT. La phase dite de totalité a duré 103  minute, ce qui en fait la plus longue éclipse de Lune du 21e siècle.

En Suisse, les sociétés d'astronomie étaient mobilisées et le public était convié dans les différents observatoires, comme celui d'Ependes (FR). Aucun matériel n'était cependant nécessaire pour observer le phénomène, parfaitement visible à l'oeil nu, et sans danger contrairement aux éclipses solaires.

Prendre de la hauteur

Beaucoup d'amateurs ont préféré se rendre dans la nature, au pied du Jura à Gex (F) pour les Genevois par exemple. Les astronomes recommandaient de prendre de la hauteur. Il valait aussi mieux éviter la pollution lumineuse, même si le phénomène était tout à fait visible des centres-villes.

Au Planetarium du Musée des transports à Lucerne, de nombreux visiteurs ont suivi une simulation présentée toutes les demi-heures. Puis, dans le cinéma, le phénomène a été retransmis en direct. Sur les quais, la Société astronomique locale avait mis trois télescopes à disposition du public. 

Les curieux étaient aussi nombreux à la Grosse Schanze à Berne. Plusieurs appareils de photo étaient en place sur leurs supports pour traquer le phénomène. Mais la visibilité n'était pas optimale, avec un ciel légèrement voilé et des nuages le long des Alpes.

Dans le monde

A Tunis, plus de 2000 personnes s'étaient rassemblées à la Cité des Sciences de la capitale pour admirer l'éclipse. «J'espère que cette éclipse nous apportera bonheur et tranquillité», espérait Karima, 46 ans, jumelles en main.

A Berlin, des personnes se sont rassemblées sur le Drachenberg, une colline qui culmine à une centaine de mètres à l'ouest de la capitale allemande. «Pour les gens qui vivent aujourd'hui, c'est un événement unique», a commenté Sven Melchert, le directeur de l'association des amis des étoiles d'Heppenheim (Ouest de l'Allemagne).

Indiens et Anglais déçus

Les pluies de la mousson des nuages épais ont caché la lune dans une grande partie de l'Inde et de ses voisins, qui auraient dû avoir une vue imprenable.

Même déception dans une bonne partie de l'Europe où d'épais nuages ont perturbé le spectacle lunaire.

Au nord de Londres, sur la terrasse de l'Alexandra Palace, des centaines de personnes ont été frustrées par les nuages obscurcissant toute vue du ciel. Avec un humour très britannique, elles se sont consolées en entonnant «Total eclipse of the heart», tube planétaire de la chanteuse locale Bonnie Tyler, sorti en 1983.

Ceux qui se sont rassemblés à Rio de Janeiro ont eu plus de chance, en saisissant la Lune rouge dans le ciel nocturne clair avec leur appareil photo. «J'ai trouvé cela très joli et j'aimais encore plus la planète Mars que l'on pouvait voir juste à côté de la lune», s'est réjouie Talita Oliveira, 34 ans.

Mars, l'autre vedette

L'autre vedette de la nuit était en effet Mars, qui ne se trouve qu'à 57,6 millions de kilomètres de la Terre. A l'oeil nu, on peut voir un point brillant tandis qu'avec une lunette ou un télescope, il est possible de l'observer dans les détails.

Il s'agissait de la deuxième éclipse totale de Lune de 2018, la première ayant eu lieu le 31 janvier.

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