L'oreillette-micro nécessite l'installation d'un adaptateur qui alourdit le téléphone et double son volume.

C'est un gadget qui cache une révolution technologique. Ericsson commercialise depuis peu un écouteur-micro au design futuriste qui exploite la technologie sans fil Bluetooth pour se brancher à un téléphone mobile discrètement caché dans une poche ou un sac.

Ceux qui, il y a peu, se pavanaient dans les halles des foires télécom en arborant fièrement l'oreillette-cordon ombilical qui prouvait leur appartenance à l'univers des surbranchés se rueront assurément sur le casque HBH-10. Pour un peu plus de Fr. 600.- (contre moins de Fr. 100.- l'oreillette avec fil), les technophiles se procureront 30 grammes de plastique high-tech. Certes, il leur faudra auparavant brancher un adaptateur à leur téléphone mobile Ericsson, ce qui double presque le volume de l'appareil, et passer quelques longues minutes à faire communiquer les deux engins. La configuration du téléphone est en effet plutôt complexe.

Ensuite, il suffit de chausser le casque, qui s'accroche sans peine sur l'oreille de son choix à condition de ne pas porter de lunettes à larges montures. Au bout de la tige qui mène au micro, une petite diode clignote pour signaler que tout fonctionne. Au moindre appel, inutile de dégainer son téléphone: un bouton placé sur l'oreillette permet de décrocher (tant pis pour les fanatiques de l'affichage du numéro de l'interlocuteur) et également d'augmenter et de diminuer le volume. Pour passer un coup de fil, on peut susurrer au casque un nom parmi les dix que le téléphone retient et le numéro sera automatiquement composé.

A l'usage, le système fonctionne bien: le son est clair à condition que le casque-micro ne soit pas à plus de 10 mètres du téléphone, l'engin s'oublie presque grâce à une ergonomie bien étudiée. Mais voilà, après une journée, la conclusion s'impose: la merveille technologique à Fr. 600.- reste un gadget. Demain, cela pourrait changer pour une raison qui ne saute pas aux yeux: le HBH-10 est compatible Bluetooth.

Si, comme l'espèrent les 2400 industriels qui soutiennent le standard (Ericsson y côtoie Microsoft, Intel, IBM ou son concurrent Nokia), Bluetooth s'impose, tous les appareils communiqueront entre eux dans un rayon de 10 mètres, et qui plus est sans fil (lire Le Temps du 20 juin 2000). Le casque pourrait donc s'acoquiner avec une ligne téléphonique fixe, servir pour commander un ordinateur, informer un automobiliste qui veut des indications sur la route à prendre ou signaler au voyageur que sa valise Bluetooth (en développement par la start-up danoise bluetags) est en train de s'éclipser: au-delà de 6 mètres de distance, elle lui envoie une alarme.

En utilisant des ondes radio, Bluetooth permet à 80 appareils de communiquer entre eux dans un rayon de 10 mètres. Le système est libre de droit: cela signifie que n'importe quelle entreprise peut rejoindre le club sans verser un centime. Un émetteur-récepteur ne coûte selon le fabricant Intel qu'environ 20 dollars. Le prix devrait baisser à 5 dollars et l'on imagine sans peine que la plupart des ordinateurs, téléphones, radios, imprimantes ou appareils photos intégreront bientôt le protocole pour se liguer en «piconet», le nom choisi pour désigner un petit réseau d'objets Bluetooth.

Pour le moment, rares sont encore les applications concrètes de Bluetooth. Ericsson lancera bientôt un téléphone exploitant le standard (plus besoin, donc, de l'adaptateur disgracieux qui se greffe aux modèles actuels). Nokia propose depuis peu son téléphone mobile 6210 équipé Bluetooth. Celui-ci sait communiquer avec un PC. Mais vérification faite auprès du service de presse d'Ericsson, il reste étrangement incompatible avec le casque de son concurrent.

Ecouteur-micro HBH-10 et adaptateur DBA-10, vendus en kit Ericsson env. fr. 600.-