Les opérateurs préparent la rentrée des classes. Pour séduire les jeunes, ils tablent sur les formules à prépaiement: un système sans abonnement qui a la faveur des parents inquiets de voir les factures mensuelles gonfler.

Le prépaiement consiste à payer à l'avance un crédit de communication qui diminue au fur et à mesure que l'on téléphone. L'usager ne paie pas pour les appels reçus, tandis que les tarifs des communications sont majorés pour compenser l'absence de forfait mensuel. Le mobile sans engagement connaît un succès important en Suisse: un tiers des usagers de téléphone mobile du réseau Natel de Swisscom l'utilisent, principalement des étudiants, des enfants et des personnes âgées; les touristes également, qui achète une carte SIM pour la durée d'un séjour.

Le prépaiement est avantageux pour ceux qui téléphonent très peu (moins d'une cinquantaine de minutes par mois) et reçoivent principalement des appels, mais il devient rapidement coûteux pour ceux qui s'habituent à téléphoner.

Orange lancera début septembre une offre calibrée pour la rentrée: un système de fidélisation (des tarifs dégressifs dans la durée), ainsi qu'une baisse des prix et un package incluant un appareil bon marché sont envisagés. Sunrise, qui fait office de revendeur pour Orange, propose une telle offre depuis jeudi passé: une carte Prepay avec un crédit de 60 francs ainsi qu'un mobile Nokia 3210 pour 199 francs.

Dans ces offres, les téléphones fournis – qui reviennent à moins de 100 francs sans qu'un abonnement ne soit souscrit – sont équipés d'un «SIM-Lock». Il s'agit d'un système qui lie l'appareil à l'opérateur. Si l'usager veut changer d'opérateur, il devra acquérir un nouvel appareil.

Chaque opérateur propose des services et des tarifs différents (voir tableau ci-dessus). La carte Easy de Swisscom donne accès à la couverture la plus large, ainsi que la possibilité d'effectuer et de recevoir des appels dans plus de 100 pays. Par contre, Easy représente l'option la plus chère du marché, avec une minute de communication à 99 centimes en tarif normal. L'option Pronto de Diax offre une minute à 89 centimes, tandis que la PrePay d'Orange est à 90 centimes.

En plus des trois opérateurs mobiles du pays (Swisscom, Orange et Diax), deux acteurs de la téléphonie fixe proposent depuis quelques mois des cartes

à prépaiement (lire Le Temps du 9 mai). Tele2 s'est associé à Swisscom pour proposer sa carte «Tele2 Mobile», tandis que Sunrise travaille avec Orange. Les prestations (qualité du réseau) sont les mêmes que celles de leur fournisseur respectif, seuls les prix (pour Tele2) et l'emballage sont différents.

A 88 centimes la minute, Tele2 propose une alternative intéressante avec des tarifs environ 13% moins cher que Swisscom et la même couverture. Il n'y a cependant pas de boîte vocale et les moyens de paiement sont moins diversifiés: l'usager Tele2 doit s'inscrire auprès de l'entreprise et payer par bulletin postal rose. Swisscom propose des cartes recharge disponibles dans les kiosques, ainsi qu'un système de paiement par carte de crédit qui fonctionne aussi depuis l'étranger.

Les systèmes PrePay d'Orange et Pronto de Diax ne permettent pour l'instant pas d'appeler depuis l'étranger. Diax promet d'ouvrir son réseau à l'international «dans les jours qui viennent». L'opérateur zurichois a lancé en août un système astucieux avec ses cartes Pronto: «Le crédit de l'usager est augmenté de quelques centimes par minute lorsqu'il reçoit des appels, ce qui l'encourage à se faire appeler et modifie ses habitudes de consommation», explique Monica Walser, porte-parole de Diax.